Avant d’arriver de plein pied dans les reliefs les plus importants de la semaine, le peloton du Tour de l’Avenir avait à couvrir une ultime étape relativement plate, dimanche, entre Saint-Vallier et Semur-en-Auxois, sur tout juste 150 kilomètres. « Comme sur les autres étapes, on misait beaucoup sur l’échappée, exposait Jérôme Gannat. On a accompagné tous les mouvements au départ avant que le bon coup ne se détache après vingt kilomètres. Cette fois-ci, c’était vraiment une bonne échappée, car contrairement aux trois étapes précédentes, ils étaient dix devant, et on avait Soan ! On avait beaucoup d’espoirs, mais ils n’ont jamais obtenu plus d’une minute trente d’avance. Ça a donc été un combat quasiment toute la journée entre l’échappée, qui s’entendait très bien, et certaines équipes qui n’y étaient pas représentées ». C’est ainsi qu’après plus de deux heures de bataille, les fuyards conservaient tout juste une minute de marge à l’entrée dans les dix derniers kilomètres. « On est retombé sur une très belle route, vent de face, l’écart s’est réduit, et ça a commencé à un peu moins s’entendre devant, complétait Jérôme. Soan a peut-être un peu perdu son sang-froid dans les cinq derniers kilomètres en plaçant des attaques qui n’étaient pas nécessaires, surtout avec vent de face ». 

Le jeune homme de « La Conti » n’a donc pu faire la différence et l’échappée n’avait plus que dix secondes d’avance à deux bornes du terme. « Le final était très technique, d’abord en descente, puis avec 600 mètres de pavés à 4,5%, reprenait Jérôme. Soan était en tête à l’amorce des pavés, mais en raison des efforts fournis plus tôt, il a un peu coincé et s’est fait doubler par une partie de l‘échappée et quelques coureurs du peloton ». À l’arrivée, Soan Ruesche a ainsi dû se satisfaire de la vingtième place alors qu’Aubin Sparfel s’est imposé en étant le seul à reprendre intégralement les attaquants du jour. « Il y avait sans doute un peu mieux à faire car l’arrivée correspondait bien à Soan, étant donné ses qualités de crossman et de puncheur, confiait son directeur sportif. Il a peut-être payé sa jeunesse et l’euphorie de jouer la gagne. Il a voulu bien faire et se donner le maximum de chances, mais il faut toujours prendre du recul dans ces situations, et cela lui servira dans le futur. Plus globalement, on est quand même ressortis frustrés, car on était encore là, mais on n’a ramassé que quelques miettes. On a été offensifs sur toute la première partie du Tour de l’Avenir, mais on est un peu loin au bilan comptable. On savait que les échappées constituaient notre seule chance de pouvoir gagner, donc on a joué notre va-tout, mais contrairement aux années précédentes, le peloton a davantage cadenassé la course ». 

Ce lundi, en revanche, le peloton ne pouvait avoir aucun impact puisque c’est individuellement que les coureurs devaient parcourir l’unique contre-la-montre individuel ce Tour de l’Avenir, en côte, des Carroz à Flaine (11,4 km à 6,4%). Il s’agissait naturellement d’un rendez-vous extrêmement important pour les coureurs du classement général, et le favori Lorenzo Finn a tapé du poing sur la table en s’imposant en 25 minutes et 47 secondes. Du côté de « La Conti », Johan Blanc s’est avéré être le meilleur représentant à l’arrivée, à la 18e place, à 1’53 du vainqueur transalpin. Rémi Daumas a pour sa part dû se contenter de la 20e place du jour, bien qu’ayant réalisé le sixième temps à l’intermédiaire situé à mi-pente. « On est forcément un peu déçus, résumait Jérôme. On est encore bien présents autour de la vingtième place, ce qui n’est pas trop mal, mais on n’est pas avec les meilleurs. Je pense que la place de Rémi est davantage dans le top 10, comme le prouve son intermédiaire. Il fallait partir à cette allure pour y être, mais il s’est un peu écrasé dans le final. Ce n’est certes pas dans les montées sèches qu’il s’exprime le mieux, mais force est de constater qu’il était en retrait dans la deuxième partie d’ascension ». Derrière ses deux coéquipiers, Soan Ruesche a pris la 23e place de l’étape et pointe ce lundi soir au 20e rang du général, à 4’07 du leader, juste devant Rémi Daumas. 

Les cartes devraient toutefois être rebattues mardi lors de l’étape reine de ce Tour de l’Avenir version 2026. « C’est une grosse étape de montagne, avec le Col des Saisies, le Cormet Roselend et le Col de l’Iseran, avançait Jérôme. Il y aura près de 5000 mètres de dénivelé positif. Rémi devra accompagner les meilleurs et les autres pourront être plus offensifs ». 

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