Encore en lice pour une place parmi les dix premiers du Tour de Burgos ce samedi matin, Clément Berthet n’a malheureusement pu atteindre cet objectif symbolique. Dans le final vers les Lagunas de Neila, le grimpeur tricolore a en effet dû composer avec des sensations mitigées. Il s’est alors arraché pour obtenir la dix-huitième place de l’étape et a reculé au douzième rang du classement général. Une pointe de déception au terme d’une semaine malgré tout encourageante pour l’Équipe cycliste Groupama-FDJ United.
Le Tour de Burgos avait gardé le « meilleur » pour la fin. En guise de cinquième et dernier acte, le peloton s’attaquait ce samedi à l’ascension la plus iconique de l’épreuve : celle menant aux Lagunas de Neila, avec plus de six kilomètres de montée à 9% de moyenne. Elle était qui plus est précédée de l’Alto de Rozavientos (3,3 km à 10%) supposé établir un premier tri. Cependant, avant même ce final ardu, la course s’est avérée assez mouvementée. « Ça a été une grosse étape aujourd’hui, il y a eu une vraie bagarre au départ, et cela a mis du temps avant que l’échappée ne sorte, exposait Benoît Vaugrenard. Finalement un groupe de quinze coureurs s’est dégagé avec Rémy, mais il n’a jamais vraiment pris beaucoup d’avance. Les formations Lidl-Trek et Netcompany Ineos ont roulé derrière pour jouer l’étape. L’écart a donc grimpé jusqu’à 1’15 environ, mais pas beaucoup plus ». À quarante kilomètres du terme, l’échappée s’est délitée et le peloton a repris la majeure partie des fuyards, dont Rémy Rochas. « Puis on est revenus dans un scénario de course assez classique », ajoutait Benoît Vaugrenard. Dans l’avant-dernière montée, quelques accélérations se sont produites dans le peloton, qui s’est réduit mais qui est resté en contrôle. Clément Berthet a lui franchi ce premier « cut » et a été rejoint à l’issue de la descente par Rémi Daumas et Bastien Tronchon dans le peloton, en chasse derrière trois hommes échappés.
« Clément s’est battu avec les moyens qu’il avait », Benoît Vaugrenard
À l’issue d’un long faux-plat, la montée finale s’est présentée, et Clément Berthet a pu tenir le rythme du peloton pendant trois bornes avant de lâcher du terrain. « Il n’était pas dans une bonne journée, il l’a un peu payé, indiquait Benoît. Il l’a senti dès le départ. Pendant la course, il a changé de vélo après une crevaison, et on voyait déjà qu’il n’était pas aérien. Sur une ascension aussi difficile, ça ne pardonne pas ». Distancé alors qu’une grosse vingtaine d’unités composait encore le peloton, le Franc-Comtois n’a toutefois pas lâché et a finalement rallié le sommet en 18e position, à 1’17 du vainqueur Giulio Pellizzari. «Il s’est bien accroché, il s’est battu jusqu’au bout avec les moyens qu’il avait aujourd’hui, et c’est ce qu’il faut retenir, affirmait Benoît. C’est simplement dommage de passer de la neuvième place provisoire à la douzième finale. Un top 10 aurait fait du bien, c’est une petite déception, mais ce qu’il a montré cette semaine reste de bon augure pour les échéances à venir, notamment la Vuelta ». Si l’épreuve ne s’est donc pas achevée de la meilleure des manières, la Groupama-FDJ United repart tout de même avec quelques résultats en poche de Burgos. « Ce n’était pas une épreuve WorldTour, mais le plateau en avait tout l’air, disait Benoît. On était là où on devait être avec trois top 10 sur les étapes et Clément qui a répondu présent sur deux étapes de montagne. La cerise sur le gâteau aurait été ce top 10 final, mais je retiens l’état d’esprit des coureurs. Pour certains d’entre eux, c’était d’ailleurs une bonne préparation pour la Vuelta et ils ont pu prendre des automatismes ».