En lice pour un top 10 au classement général du Tour de Romandie jusqu’à samedi, Clément Berthet n’a finalement pu conclure sa semaine helvète comme il l’espérait. En retrait lors du week-end décisif, le Franc-Comtois a terminé au 25erang de l’épreuve. L’Équipe cycliste Groupama-FDJ United s’est néanmoins montrée très active lors des trois dernières étapes, ne manquant jamais l’échappée, mais le peloton n’a laissé malheureusement aucune chance aux fuyards dans cette 79e édition.
Au soir de la deuxième étape en ligne du Tour de Romandie, jeudi, tout restait encore à faire en vue du classement général. Alors onzième, Clément Berthet pointait à moins d’une minute du maillot jaune, et à une quinzaine de secondes du top 5. Vendredi, le Col du Mollendruz (9km à 6%) pouvait potentiellement créer des dommages, malgré un sommet situé à une trentaine de kilomètres du but. Aussi, c’est l’échappée qui a démarré cette difficulté en tête, avec pas moins de trois hommes de la Groupama-FDJ United : Josh Kench, Lorenzo Germani et Rémy Rochas. Tombés sans gravité plus tôt dans la journée, les deux derniers cités se sont sacrifiés pour leur compère néo-zélandais, qui s’est alors arraché dans l’ascension, et qui n’a vu le retour du peloton qu’à quelques encablures du sommet. « On s’était dit au briefing qu’on devait essayer d’être en surnombre de l’échappée, car c’était notre chance d’aller chercher un bon résultat, indiquait Thierry. Les gars l’ont très bien fait, et c’est à l’image de l’attitude qu’ils ont eu toute la semaine. C’était bien dans l’esprit, mais UAE Team Emirates a verrouillé ». Repris, Josh Kench a plongé vers la ligne dans un paquet d’une trentaine d’unités comprenant aussi Clément Berthet. À l’arrivée, Dorian Godon a remporté le sprint, et le grimpeur tricolore a pris la neuvième place, se replaçant par la même occasion au dixième rang du général.
« L’engagement collectif était bel et bien présent », Thierry Bricaud
Samedi, ce fût au tour de Maxime Decomble de tenter sa chance à l’avant, après un beau combat en début de course. Le peloton n’a toutefois jamais laissé trop de lest au jeune Français et ses compagnons de fuite, et le coureur de la Groupama-FDJ United a été repris à quarante kilomètres du terme. « C’était une échappée de costauds, avec des coureurs qui ont de vraies références, insistait Thierry. C’était bien de la part de Maxime. Il a un peu coincé sur la fin, mais tout cela fait partie de son apprentissage ». Le reste de l’équipe s’est attaché à placer Clément Berthet au pied de l’ultime difficulté, le Jaunpass (8 km à 8%), dont le sommet culminait à dix-sept bornes de l’arrivée. Le grimpeur doubien n’a toutefois pu lutter avec les autres favoris comme les jours précédents. « Au pied de l’arrivée, Clément n’avait pas de super sensations, et ça s’est confirmé dimanche, disait Thierry. Il a eu un dernier week-end un peu compliqué, mais il n’y a rien de surprenant à cela. La concurrence évolue depuis trois mois à haut niveau et lui commence seulement sa saison. À un moment, la différence se constate. Il faut désormais qu’il récupère bien, puis il pourra monter en puissance ». Dix-septième place du général avant la dernière étape, Clément Berthet n’a donc pu défendre son top 20 dimanche dans l’ascension finale de Leysin (14 km à 6%).
À l’arrivée, c’est Rémy Rochas, dans le peloton jusqu’à cinq kilomètres du sommet, qui a été le premier coureur de la Groupama-FDJ United à couper la ligne (21e, ndlr) tandis que Lorenzo Germani a animé la journée à l’avant. « Rémy a plutôt bien fini ce Tour de Romandie, ajoutait Thierry. Samedi, il a attendu Clément pour défendre un bon général, et dimanche, il a fait une belle montée pour se faire plaisir et se rassurer. Comme Rémi et Josh, il sera au Giro dans cinq jours. Ils partent avec beaucoup de motivation et ils savent qu’ils sont prêts. De manière globale, quand on voit le scénario de la course tous les jours, il y avait finalement peu de place si on ne jouait pas vraiment le général. Clément a existé quatre jours avant de piocher. Je vais retenir l’état d’esprit général. L’équipe était motivée pour aller chercher un résultat, mais la course était simplement cadenassée. L’engagement collectif était bel et bien présent de par toutes nos échappées, et ça reste intéressant ».