L’Équipe cycliste Groupama-FDJ United aura tout essayé, ce mercredi, sur À Travers la Flandre, pour accrocher le gros résultat tant convoité. D’abord bien présente lors des premiers mouvements, la formation hexagonale s’est ensuite offert un coup d’avance grâce à Romain Grégoire, sorti du peloton à plus de cinquante kilomètres du but. Le Franc-Comtois, par la suite rejoint par Wout Van Aert, a toutefois été rattrapé à quinze bornes de l’arrivée. Dans un final à suspense, Filippo Ganna s’est finalement imposé, juste devant un peloton réduit au sein duquel Axel Huens (16e) et Thibaud Gruel (20e) ont accroché le top 20.
Dernier point de passage avant le « Ronde » dimanche, À Travers la Flandre constituait non seulement une ultime répétition grandeur nature, mais aussi une nouvelle opportunité d’accrocher un résultat de poids en terres flamandes. C’est en tous les cas avec un esprit entreprenant que l’Équipe cycliste Groupama-FDJ United a pris le départ à Roulers, pour 185 kilomètres, dix-huit monts et dix-neuf secteurs pavés. « On a remarqué que, collectivement, on était pas mal sur les dernières courses, expliquait Frédéric Guesdon. On voulait donc essayer d’en profiter aujourd’hui. Le but était d’être acteurs et de ne pas courir sur la retenue. Il s’agissait de l’avant-dernière en Flandre, et on ne voulait pas avoir de regrets : il fallait être dans les mouvements, et essayer d’aller chercher le meilleur résultat possible ». Alors, quand la course a atteint un premier point critique, après 75 kilomètres et la première ascension du Berg ten Houte, Thibaud Gruel a répondu présent. « Il y a eu beaucoup de course en début de journée, mais sans véritable échappée, resituait Frédéric. L’approche du Berg ten Houte était technique, Lidl-Trek a fait le forcing, et une quinzaine de coureurs s’est détachée, dont Thibaud. En revanche, il manquait quelques grosses équipes devant et le peloton a donc roulé pour revenir ».
« Romain s’est fait un peu piéger », Frédéric Guesdon
Après vingt-cinq kilomètres de lutte à distance, le peloton s’est reformé, et tout était à refaire avant la deuxième ascension du Berg ten Houte. Wout Van Aert a lancé une première offensive, Axel Huens s’est accroché, puis Romain Grégoire et Valentin Madouas ont à leur tour suivi ou créé des mouvements de course. « Clément, Cyril et Jacobs étaient chargés du placement, puis c’étaient aux autres de tenter, dans ou entre les monts », indiquait Frédéric. Au gré des accélérations, le peloton s’est réduit à une soixantaine de coureurs, mais il était relativement groupé pour attaquer l’ultime côte de Trieu, à 55 bornes de la ligne. Romain Grégoire, Valentin Madouas, Thibaud Gruel et Axel Huens étaient encore bien présents au sommet, puis dans la remontée d’Hotond, le puncheur franc-Comtois s’est fendu d’une attaque bien sentie. « Après ça, il ne restait plus qu’un gros mont avec l’Eikenberg, indiquait Frédéric. C’était donc le moment idéal pour anticiper les mouvements des grands favoris ». Le coureur de la Groupama-FDJ United a été rejoint par Niklas Larsen et Thomas Gachignard, et le trio a profité d’une certaine accalmie dans le peloton pour se construire un avantage maximal de quarante secondes. « Une fois que Romain était sorti, il fallait accompagner et casser les coups », disait Frédéric.
Au pied de l’Eikenberg, à 40 kilomètres de la ligne, les hommes de tête conservaient vingt secondes de marge. Et au sommet, seuls Romain Grégoire et Larsen étaient encore détachés pour voir le retour de Wout Van Aert. Avec le Belge, le nouveau trio a repris du champ, et repoussait même le peloton à quarante-cinq secondes à 25 bornes de la ligne. Toutefois, quelques kilomètres plus loin, le Bisontin a été distancé du groupe de tête lors du passage du Nokereberg. « Il a payé un petit manque de connaissance du terrain, car il s’est retrouvé placé trop tôt devant, confiait Frédéric. Dans ce mont, l’idéal est d’arriver de l’arrière avec de la vitesse, et il s’est malheureusement fait un peu piéger sur ce coup-là. Ceci étant dit, je n’ai pas spécialement compris pourquoi Van Aert a voulu durcir la course à cet instant. Il aurait sans doute mieux fait de rester avec les deux et d’aller encore plus loin. C’était forcément dommage pour nous ». Romain Grégoire a dès lors vu le retour d’un groupe de poursuivants, puis du peloton à quinze kilomètres de la ligne. « À partir de là, il fallait que les autres continuent à être acteurs, car ça continuait d’attaquer, et Valentin était présent », ajoutait Frédéric.
« On reste sur notre faim », Frédéric Guesdon
Dans la montée non-pavée de Nokere, à neuf kilomètres du but, l’ancien champion de France a ainsi fait le forcing, mais n’a pu se détacher. En tête, Wout Van Aert s’est isolé mais s’est retrouvé avec le peloton aux trousses dans les cinq derniers kilomètres. « On voulait garder Thibaud et Axel pour le sprint, ajoutait Frédéric. Ils étaient un peu trop loin dans le dernier virage, c’est ensuite allé très vite jusqu’à l’arrivée, et ils n’ont pas pu remonter ». Filippo Ganna s’est imposé en finisseur en reprenant Wout Van Aert dans la dernière ligne droite, tandis qu’Axel Huens a obtenu la 16e place et Thibaud Gruel la 20e quelques longueurs derrière. « Le classement n’est encore une fois pas à la hauteur de notre journée, insistait Frédéric. On reste sur notre faim sur ces Classiques. Le collectif est là, on répond présent, mais les résultats ne suivent pas. On espère que ce sera pour dimanche. Le Tour des Flandres est certes un ton au-dessus, mais ça peut peut-être nous arranger. Si l’on court juste, on a les moyens d’aller chercher un résultat ».