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Thibaut Pinot, à la fois fort et serein

le 13 mai 2018 - Tour d'Italie, étape 9
Grand Sasso d’Italia et la ligne d’arrivée située à 2.100 mètres d’altitude était un nouveau moment fort du Tour d’Italie. Si Thibaut Pinot a été dominé au sprint par le maillot rose Simon Yates (Mitchelton-Scott) et a pris la deuxième place, il est celui qui marque le plus les esprits à la veille de la première vraie journée de repos. Le seul capable d’attaquer, de répondre à un contre puis de sprinter pour la victoire d’étape. De quoi, pour ses équipiers et lui-même, d’être de plus en plus sereins et sûrs d’eux.

Cette étape, très longue, a d’abord été animée par l’échappée de 14 coureurs dont l’Italien Brambilla (Trek-Segafredo) représentait le plus grand danger avec un retard proche de 7 minutes au classement général. La formation Mitchelton Scott du maillot rose a donc longtemps contrôlé l’écart qui était encore de huit minutes à 50 kilomètres de l’arrivée. Soit juste avant que la route ne commence à s’élever. Aucun de ceux figurant à l’avant, pas même le talentueux Masnada (Androni-Sidermec) repris à trois kilomètres du but, n’ont pu assister à l’attaque de Thibaut Pinot.

 

"C’est important psychologiquement d’être devant quand ça roule tempo, ça montre que Thibaut est respecté." S. Joly

 

Elle est intervenue à 1,8 kilomètres de l’arrivée après un changement de direction du vent qui était défavorable depuis treize kilomètres. Elle est intervenue après que Aru (UAE-Team Emirates) puis Froome (Team Sky) ont été distancés. Après son attaque, Thibaut a su répondre au contre de Pozzovivo (Bahrain-Merida) puis disputer le sprint à Simon Yates. Les six secondes de bonification lui permettent de consolider sa quatrième place au classement général et de revenir à 7 secondes seulement du podium.

 

« C’est plutôt une bonne opération, assure Sébastien Joly. Thibaut avait été un peu déçu de sa troisième place à Montevergine et avait à cœur de vraiment bien faire. Lors du briefing, on avait demandé un petit effort supplémentaire à nos rouleurs pour l’emmener au pied du dernier col qui montait pendant près de 45 kilomètres et qui était de plus en plus difficile. Une nouvelle fois, ils ont bien travaillé. Ça fait plaisir de les voir en seconde position dans le peloton derrière l’équipe Mitchelton-Scott. C’est important psychologiquement d’être devant quand ça roule tempo, ça montre que Thibaut est respecté. On avait demandé aussi à Anthony Roux de se réserver sur le plat parce qu’on ne savait pas comme serait Steve Morabito après sa chute. Il s’avère qu’il était bien aussi mais Anthony a vraiment fait du bon boulot et du coup Sébastien Reichenbach a pu se préserver pour le final. Seul petit bémol, Georg Preidler n’était pas dans une bonne journée mais il travaille beaucoup depuis le début du Giro. Je pense qu’il a eu un jour sans mais il était très déçu. »

 

"Il a rarement paru aussi fort et en tout cas jamais aussi serein."

 

« Avec le vent défavorable il était important que Thibaut soit abrité. Puis il a attaqué et a pris la deuxième place. C’est en plus intéressant de voir des favoris se faire lâcher. Le classement général prend forme. Thibaut est là où on pensait qu’il pouvait être. Il a rarement paru aussi fort et en tout cas jamais aussi serein. Cela se voit sur son visage dans l’effort. Comme il le dit lui-même, il a l’une des meilleures équipes autour de lui sur le plat et est bien accompagné en montagne. »

 

Forcément très entouré dans le final, le leader de l’équipe Groupama-FDJ a brièvement résumé sa journée avant de rappeler son objectif.

 

"Moi, je reste sur mon objectif podium" T. Pinot

 

« Il y avait beaucoup de vent et ça a bloqué la course, dit Thibaut. Je suis content de ma deuxième place mais je signe mon troisième podium en montagne et j’aurais aimé gagner pour être tranquille avec ça… Simon Yates a montré qu’il est le plus fort. Moi, je reste sur mon objectif podium, on verra après. Pour le moment je m’occupe de moi et c’est bien, par exemple, d’avoir une belle petite avance sur Froome (1’42’’). »

 

Après l’étape, les coureurs ont pris le funiculaire vers le bus qui les attendait et est parti rapidement vers l’hôtel atteint après 1h30 de route.

 

« A présent, dit encore Sébastien Joly, la journée de repos va faire du bien à tout le monde. Depuis 14 jours et notre départ pour Israël, il n’y a pas eu beaucoup de répit pour qui que ce soit. Demain les gars vont rouler, à la carte. Sans perdre de vue que le départ de la dixième étape, mardi, est compliqué. »

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