Il s’agissait d’une étape à risques, mais l’Équipe cycliste Groupama-FDJ United l’a franchie sans encombre. La première journée de course du Tour de la Provence a ce vendredi réservé des conditions climatiques très difficiles au peloton, qui a d’ailleurs été dupé par l’échappée du jour. En revanche, deux secondes après le vainqueur Arnaud Tendon, Lorenzo Germani (6e), Blake Agnoletto (8e) et Victor Loulergue (9e) ont tous trois pris place dans le top-10, l’illustration d’un placement irréprochable toute la journée. Guillaume Martin-Guyonnet a également terminé dans le peloton à la veille de l’explication sur la Montagne de Lure.
Le peloton espérait sans doute trouver de bien meilleures conditions pour son début de séjour dans les Bouches-du-Rhône ce vendredi. Malheureusement, c’est bien une pluie battante qui l’a accompagné de Marseille à Saint-Victoret à l’occasion de la première étape du Tour de la Provence. « On ne savait pas trop quoi à s’attendre au départ, indiquait Tanguy Turgis, directeur sportif de l’équipe. On se demandait si les conditions météo allaient rendre la course plus ouverte ou bien s’il y aurait un gros sprint à l’arrivée. On avait demandé à Victor et Lorenzo de bouger s’il y avait des coups d’environ dix coureurs au départ, et au reste de l’équipe de rester autour de Guillaume, qui était la priorité. Aujourd’hui, on avait plutôt une stratégie défensive ». Une échappée de quatre hommes est finalement partie de bonne heure, dès le col de la Gineste, et l’ensemble de la Groupama-FDJ United s’est donc recentrée autour du grimpeur normand, pour l’occasion accompagné de Lorenzo Germani, du néo-pro Titouan Fontaine, et de quatre coureurs de « La Conti » (Blake Agnoletto, Victor Loulergue, Rémi Daumas et Esteban Foucher).
« Ils ont été vraiment bons collectivement », Tanguy Turgis
Une équipe très jeune, mais qui a pour autant su parfaitement négocier les zones stratégiques du parcours. « Il fallait être vigilant et groupé quand on est arrivé dans les reliefs à la mi-course, et nos coureurs l’ont très bien fait, naturellement, poursuivait Tanguy. On savait que la descente au kilomètre 90 était vraiment technique, mais elle l’était particulièrement avec la pluie aujourd’hui. Les gars étaient bien placés, et ils ont fait du très bon boulot. Ils ne se sont jamais fait piéger et sont toujours restés auprès de Guillaume. Quand l’équipe est bien en place toute la journée, ça démontre un vrai esprit d’équipe et ça met sur de bons rails pour les moments importants. Fred [Guesdon] leur a d’ailleurs dit plusieurs fois qu’ils faisaient une très belle course de ce point de vue ». Dans la dernière heure, et alors que la chasse du peloton derrière l’échappée se faisait plus insistante, le leader et son escorte n’ont jamais abandonné le premier tiers du paquet. « À dix kilomètres, il y avait un passage en ville assez technique et un tunnel, et il était important d’être placé, ajoutait Tanguy. Les gars l’étaient de nouveau, on est ressortis devant, et ça a cassé naturellement derrière ».
Le peloton s’est ainsi retrouvé morcelé à l’entrée dans les cinq derniers kilomètres derrière un binôme échappé. Ce dernier est parvenu à résister dans un final rendu périlleux par la pluie et la chaussée – pour le moins – détrempée. « Le point important du sprint était à 800 mètres, disait Tanguy. Les mecs ont pris en main pour être placés, notamment avec Titouan et Lorenzo. Or, il y avait de grosses flaques d’eau sur la droite entre 600 et 300m, où personne ne pouvait remonter. En faisant le forcing à 800, les gars se sont retrouvés bien placés puis tout le monde est plus ou moins resté à sa place, et on a réussi à finir sixième, huitième et neuvième. Ça s’est essentiellement fait au placement ». Lorenzo Germani a été suivi par Blake Agnoletto et Victor Loulergue sur la ligne, ce dernier se parant d’ailleurs du maillot de meilleur jeune. Guillaume Martin-Guyonnet a également terminé dans le gros du paquet. « La priorité était de ramener Guillaume sain et sauf, et ça a été réussi car ils ont été vraiment bons collectivement et dans leur comportement, concluait Tanguy. Ce sont pour la plupart des jeunes coureurs, issus de La Conti, qui n’ont pas encore les réflexes avec les pros, mais tout a été très bien fait, bien guidés par l’expérience de Guillaume et Lorenzo. C’était vraiment plaisant à observer ».