C’est à Champ-Saint-Père que l’équipe de développement de la formation Groupama-FDJ United a donc donné le coup d’envoi de sa saison vendredi dernier, à l’occasion de la quatrième manche des Plages Vendéennes. Et c’est de la plus belle des manières que les hommes de Jérôme Gannat ont lancé leur année, puisqu’après 136 kilomètres d’une course neutralisée à deux reprises, Eliott Boulet s’est imposé en patron au sein d’un petit groupe. « On pensait que la différence serait difficile à faire sur ce circuit relativement plat, mais une échappée s’est dégagée à trente kilomètres de l’arrivée, expliquait le directeur sportif. Quatorze coureurs sont sortis, avec Eliott et Blake. L’entente n’était pas optimale devant, et Blake s’est alors mis à 100% pour que l’échappée aille au bout et favoriser un sprint pour Eliott. Il était le plus rapide sur le papier et l’arrivée en faux-plat montant lui convenait parfaitement. Blake a fait un énorme travail, il a même neutralisé une attaque dans le dernier kilomètre puis a déposé Eliott à 250 mètres qui est parti lever les bras ». « L’équipe a fait un travail monstre et Blake a été très fort dans le final, confiait l’intéressé. Je voulais passer des relais mais il m’a dit de me préserver, et j’étais donc frais pour le sprint. J’ai lancé de loin, mais ça l’a fait ».  Et Jérôme Gannat de ponctuer : « On était très soudés, très présents, très collectifs, et ils ont tous travaillé pour une victoire d’équipe ».

Une cohésion qu’il suffisait de faire perdurer samedi, à l’occasion du contre-la-montre par équipes de 30,7 kilomètres à Saint-Urbain. « C’est surtout pour ce chrono que nous avons fait le déplacement aux Plages Vendéennes, recontextualisait Jérôme. C’est un exercice qu’on rencontre très rarement, et c’était une excellente opportunité de le travailler en vue de la suite. On l’avait bossé une fois à Calpe, puis mercredi et jeudi sur place. On sentait que le groupe était performant, on était ambitieux, mais il y avait une certaine pression ». Les jeunes hommes de « La Conti » ont d’ailleurs été brièvement menacés lors de l’exercice chronométrique, car en retard d’une poignée de secondes au point intermédiaire situé après 14 bornes. « On était un peu surpris, mais la première partie était vent de dos et on est sans doute partis un peu prudemment, reprenait Jérôme. Néanmoins, les grosses différences se faisaient dans le final, plus exigeant avec le vent de face, et on s’est imposé avec une marge assez confortable ». Eliott Boulet, Blake Agnoletto, Karl Sagnier, Soan Ruesche, Maximilian Cushway, Esteban Foucher et le champion de Nouvelle-Zélande U23 du chrono Reef Roberts ont ainsi complété le parcours en 34 minutes et 24 secondes, à 53,5 km/h, soit seize secondes plus vite que leurs dauphins.

Avec deux victoires en deux jours, le « Grand Chelem » semblait donc possible dimanche avec une ultime course en ligne de 160 kilomètres. « On a retrouvé un profil similaire à celui du vendredi, sans grosses difficultés, expliquait Jérôme. Il y a eu une première échappée avec Soan, puis une deuxième avec Maximilian, mais on n’a pas participé à l’échappée car on voulait un sprint avec Eliott et Karl. On a donc contrôlé dans les derniers kilomètres même si c’était assez houleux. Dans le final, on était un peu moins nombreux que prévu, Maximilian a replacé tout le monde au kilomètre, Blake a lancé, puis Eliott est peut-être parti d’un peu loin. Dans le faux-plat montant d’arrivée, Karl n’a pas pu déboîter et on s’est notamment fait passer par les coureurs venant de la droite, à l’abri du vent. Le sprint était un peu plus exigeant qu’on ne l’avait imaginé et il nous a manqué un peu d’énergie pour conclure ». Eliott Boulet s’est finalement classé quatrième, Karl Sagnier huitième, et le triplé n’a donc pu être réalisé. « C’était l’objectif du week-end, mais le bilan reste très bon, concluait Jérôme. L’idée était de lancer une bonne dynamique. On avait fait le choix de lancer la saison avec des courses Élites, ce qui permet aux jeunes d’acquérir un peu d’expérience dans des scénarios plus décousus et de développer un sens de la course. C’était une bonne expérience, positive collectivement, et c’est satisfaisant pour la suite ».