Présente avec de réelles ambitions sur l’Istrian Spring Tour de jeudi à dimanche, « La Conti » Groupama-FDJ United est malheureusement revenue les mains vides de ses quatre jours de course en Croatie. Logiquement en retrait sur les étapes de sprint, les hommes de Jérôme Gannat n’ont également pu exploiter de la meilleure manière l’étape « reine » samedi. Au classement général, Soan Ruesche a finalement pris la 22eplace.
Trois ans après, « La Conti » faisait son retour sur l’Istrian Spring Tour en cette saison 2026. Sur les rives de la mer Adriatique, tout a débuté jeudi par un prologue atypique de tout juste 1200 mètres. « Cela demandait des qualités de sprinteur, voire de rouleur, et ça a d’ailleurs peut-être été notre problème global sur la semaine, confiait Jérôme Gannat. On avait plutôt des grimpeurs-puncheurs au départ, donc il était difficile d’ambitionner un gros résultat sur ce prologue. On était à peu près à notre place ». Sur l’aéroport de Vrsar, Baptiste Grégoire a signé le meilleur temps de l’écurie bisontine, en 26e position, à cinq secondes du vainqueur. Vendredi, les coureurs ont retrouvé une configuration plus habituelle, en peloton, sur une étape de 150 kilomètres très légèrement vallonnée. « On savait qu’on n’avait aucune chance au sprint, donc on voulait créer du mouvement, reprenait Jérôme. Ça a été fait au km 46 dans une difficulté avec Rémi [Daumas], qui est parti avec sept coureurs. Les équipes favorites étaient représentées, on pensait que ça allait se dégager mais le peloton est resté organisé et tout est rentré dans l’ordre. La dernière difficulté à quinze kilomètres était très roulante (2km à 5%). Il n’y a pas eu d’écarts, ni même de coureurs lâchés. Johan [Blanc] a tenté de sortir à six kilomètres mais le sprint était inévitable ». Baptiste Grégoire s’est mêlé à l’emballage, mais n’a pu se hisser au-delà de la 25e place.
« On n’était pas venus pour ça », Jérôme Gannat
S’est alors présentée la deuxième étape en ligne, samedi, où « La Conti » nourrissait bien plus d’ambitions. « Il y avait presque 2500 mètres de dénivelé mais surtout un col de cinq kilomètres à 6,5% à quarante kilomètres de l’arrivée, indiquait Jérôme. Avec notre équipe, on voulait se servir de cette difficulté pour durcir la course. Rémi, en particulier, a voulu faire une grosse sélection, mais il l’a peut-être faite un peu maladroitement. Il a fait la majorité de la montée en tête, mais à 300 mètres du sommet, il s’est fait contrer par six coureurs et il n’a pas pu faire la jonction ». Ce groupe de tête, incluant quelques-uns des favoris, a alors fait une nette différence tandis que le peloton a eu du mal à se réorganiser en chasse. L’écart est ainsi monté à une minute. « On avait quatre mecs dans un groupe de cinquante, mais sans Baptiste, qui avait chuté dans le col, complétait Jérôme. On a essayé de participer à la poursuite et on est quand même revenus à trente secondes au pied de la bosse finale (3,5 km à 7%) ». Piégé plus tôt, Rémi Daumas a alors joué le tout pour le tout. « Il a crânement tenté sa chance en essayant de faire la jonction dès le pied, expliquait Jérôme. Il est revenu à treize secondes, mais avec le vent défavorable, il n’a pas réussi à boucher le trou, et il s’est fait reprendre par le reste du peloton à un kilomètre du sommet ».
Alors que les six coureurs échappés ont pu se jouer la victoire, Rémi Daumas a été débordé par les hommes les plus frais du paquet et a finalement conclu la journée à la 26e place, 44 secondes derrière le vainqueur, aux côtés de Soan Ruesche (24e). « Physiquement, ce n’était clairement pas sa place, affirmait Jérôme. Il avait largement le potentiel et les jambes pour être devant. Il n’y était pas, et ça change tout pour nous. Il a sans doute fait une petite erreur tactique en emmenant tout le monde et en se faisant contrer ». Dès lors au-delà de la 20e place au général, les coureurs de « La Conti » avaient peu de choses à espérer du dernier jour de course vers Umag dimanche. « On était revanchards, mais l’étape était encore très rapide, disait Jérôme. On a essayé avec Johan mais le final était très roulant et ça a donné un nouveau sprint. C’était une arrivée scabreuse et on n’a pas voulu prendre de risques pour une place anecdotique ». L’épreuve croate s’est donc conclue avec un vrai goût d’inachevé pour Jérôme Gannat et ses poulains. « Au vu de notre composition, on savait qu’on allait jouer toute notre course le samedi, résumait Jérôme. Ces 300 mètres qui manquent à Rémi conditionnent finalement tout le reste, et on repart sans rien. On n’était évidemment pas venus pour ça. Ceci étant dit, Soan est à peu près à sa place, Rémi n’avait pas couru depuis le Tour de Provence, Johan et Yann [Dubois] étaient en reprise, et Esteban [Foucher] avait des petits problèmes d’allergies. Cette course reste une bonne expérience dont on a pu tirer de vraies conclusions ».