Freiné dans son élan en début de saison par une blessure au genou, Clément Berthet voit le bout du tunnel. Après plusieurs semaines consacrées aux soins, au travail de fond et à la reconstruction, le coureur retrouve progressivement toutes ses sensations. À l’heure de renouer avec la compétition, à domicile, le Français aborde cette reprise avec enthousiasme, lucidité et ambition. Il revient sur cette période délicate, les choix forts opérés avec l’équipe et la motivation intacte qui l’anime pour la suite de la saison.
Comment vas-tu physiquement, Clément?
Ça va mieux. En ce début de saison, j’ai rencontré des soucis au genou, une zone où il faut malheureusement du temps pour bien identifier l’origine du problème et trouver la solution adaptée. La guérison est passée par un gros travail de kinésithérapie et de renforcement musculaire, en lien étroit avec la cellule médicale de l’équipe.
Où en es-tu dans la reprise de l’entraînement ?
Cela fait maintenant trois bonnes semaines que je roule sans douleur ni gêne, vraiment normalement, que ce soit sur le vélo de route ou le contre-la-montre. J’en ai aussi profité pour revoir complètement ma position sur le vélo : cales, réglages, bike-fitting… Un vrai reset qui était essentiel pour prévenir toute rechute. Aujourd’hui, je peux m’entraîner sans restriction.
Mentalement, comment as-tu vécu cette période ?
Ce n’est jamais simple. J’arrivais dans une nouvelle équipe avec l’envie de bien faire, de m’exprimer, et je me retrouve freiné avant même que ça ne commence réellement. C’est frustrant de voir les coéquipiers courir. Le plus difficile, c’est au début, avec le stress lié au calendrier prévisionnel : tu vois les échéances se rapprocher et tu te demandes si tu pourras être prêt. Assez rapidement, on a néanmoins pris la décision, ensemble, de faire une croix sur le programme initial pour se concentrer avant tout sur la santé.
Comment se présente désormais ce retour à la compétition ?
Presque de manière idéale, si je puis dire. Je vais reprendre à domicile, en Franche-Comté, sur le Grand Besançon Doubs et le Tour du Jura, deux courses que j’apprécie beaucoup et qui correspondent bien à mes qualités. Le résultat reste toujours incertain sur une course de reprise, mais l’objectif est surtout de retrouver le rythme et de bonnes sensations. Ensuite, je poursuivrai avec le Tour de Romandie, juste de l’autre côté de la frontière.
Cela signifie donc un renoncement au Giro…
Oui, le Giro ne fera pas partie du programme, en accord avec l’équipe. C’est forcément un petit crève-cœur. J’y allais avec beaucoup d’envie, et l’ambition de découvrir un rôle de leader sur un grand tour. Mais la raison a pris le dessus: ma préparation a été trop impactée pour envisager cet objectif dans de bonnes conditions. On a donc revu le programme.
Quels sont désormais tes objectifs principaux ?
L’objectif est clair : être au départ du Tour de France. Il faudra valider le retour en forme dans les prochaines semaines pour espérer être présent au départ à Barcelone, mais c’est une motivation très forte. Et si tout se passe bien, La Vuelta pourrait ensuite compléter cette saison. Le programme est différent de ce qui était prévu initialement, mais il reste tout aussi stimulant.
Que peux-tu attendre de ce week-end de reprise ?
J’ai forcément, dans un coin de la tête, l’envie de bien faire et de performer. Mais je reste prudent, car je n’ai pas couru depuis un moment. La préparation se passe très bien, mais je m’attends peut-être à être encore un peu juste pour la victoire. Cela ne m’empêchera pas d’être acteur de la course, au sein d’une belle équipe, qui viendra défendre ses deux succès de la saison passée. Ce sera une étape très importante pour la suite.
En un mot, comment résumer ta reprise ?
Excitation et soulagement. La période n’a pas été facile, mais j’ai maintenant vraiment hâte de lancer cette nouvelle aventure.