En jambes depuis le début de saison, Clément Braz Afonso ne l’a peut-être jamais autant montré que ce samedi lors de la sixième étape de Tirreno-Adriatico. En direction de Camerino, le jeune Tricolore de 25 ans est d’abord parvenu à intégrer l’échappée du jour, avant de résister au peloton jusqu’à sept kilomètres de l’arrivée sur un circuit pourtant extrêmement exigeant. Bien que repris, il s’est battu jusqu’à la ligne pour conserver sa seizième place au classement général. Une journée on ne peut plus pleine.

Avant un acte de clôture destiné aux sprinteurs dimanche, une toute dernière étape accidentée, et donc favorable aux favoris, était au menu de Tirreno-Adriatico ce samedi. Comme la veille, près de 4000 mètres de dénivelé positif étaient répertoriés entre San Severino Marche et Camerino, où était localisée une montée très abrupte (3km à 9%), à franchir à trois reprises dans les soixante derniers kilomètres. Avant d’affronter le difficile circuit d’arrivée, le peloton avait à parcourir cent bornes, incluant le long col de Sassotetto (13km à 7,3%), mais la bonne échappée s’est détachée peu avant cette difficulté. « C’est parti pleins ballons, témoignait Yvon Caër. Les Van Aert et Van der Poel voulaient absolument être devant, ça a bataillé fort. Ce n’est donc parti qu’au bout d’une heure, à sept, dix kilomètres avant le premier col ». Dans ce mouvement, on retrouvait alors Clément Braz Afonso, aux côtés de Filippo Ganna, Vincenzo Albanese ou encore Gregor Mühlberger. « L’idée du jour était de prendre l’échappée et, dans la mesure du possible, d’y placer Clément pour essayer d’anticiper et de jouer l’étape, reprenait Yvon. Malheureusement, le peloton en a décidé autrement. Ils ont d’abord laissé quatre minutes, mais à l’entrée sur le circuit, l’écart est rapidement tombé à deux ».

« On n’a rien à regretter », Yvon Caër

Il n’était même plus que de 1’30 à l’entame de la première ascension de Camerino, à soixante bornes du but. C’est pourquoi Clément Braz Afonso et Gregor Mühlberger se sont délestés de leurs compagnons de fuite. « Sur une bosse aussi dure, ils se sont isolés presque naturellement, car les autres butaient un peu, reprenait Yvon. C’était presque mieux d’être à deux, avec un grimpeur qui roule bien comme Mühlberger. Je pense que cette option était la bonne, et ils ont fait un joli numéro à deux ». Le duo est même temporairement parvenu à faire remonter l’écart à deux minutes, mais dans la deuxième et avant-dernière ascension de Camerino, le peloton s’est rapproché à tout juste trente secondes. Ensemble, le Français et l’Autrichien ont malgré tout continué d’insister pour franchir les quelques remontées précédant la principale descente du circuit. À vingt-trois kilomètres de l’arrivée, le groupe des favoris, réduit à trente coureurs, n’était pointé qu’à cinq secondes, mais la jonction a finalement été réellement établie à sept bornes du terme, soit juste avant l’ultime montée de Camerino. « Le cyclisme est tel aujourd’hui que les échappées vont rarement au bout, disait Clément. On a quand même essayé aujourd’hui, et je ne pense pas avoir fait beaucoup d’erreurs ». « Ça s’est terminé comme on le craignait, mais Clément a malgré tout tenu à faire la dernière montée du mieux possible en vue du classement général », complétait Yvon.

Présent avec les favoris à l’entame du juge de paix, le coureur de la Groupama-FDJ United a serré les dents dans les roues pendant quelques hectomètres avant de devoir laisser filer. « J’ai essayé de récupérer un peu pour la dernière montée, mais ils m’ont déposé au pied, confiait-il. Je n’arrivais plus à changer de rythme ». Combatif, Clément Braz Afonso s’est néanmoins arraché jusqu’à la ligne pour signer la dix-huitième place, malgré les efforts consentis toute la journée, et ainsi confirmer sa seizième position au classement général. « On a essayé de faire en sorte que Clément puisse jouer l’étape et potentiellement remonter au général, rappelait Yvon. C’était un pari, qui méritait d’être tenté. Clément est très content de sa journée, et je le suis également. On n’a rien à regretter et Clément a une fois de plus montré des choses très intéressantes. Il vient d’enchaîner le Trofeo Laigueglia (13e), les Strade Bianche (17e) et Tirreno-Adriatico. Être dans une telle condition après ce gros bloc, c’est très prometteur. Il a vraiment fait une journée très solide ». « Je suis super content des sensations depuis le début de saison, ponctuait l’intéressé. Je n’aurais pas pu m’imaginer ça quand j’étais au CIC U Nantes Atlantique il y a deux ans. Je crois que je peux être fier de moi ».

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