Le Tour du Pays Basque a ce mercredi offert une opportunité aux « baroudeurs » autour de Basauri, et l’Équipe cycliste Groupama-FDJ United a tenté d’en profiter au maximum. À l’issue d’une longue bataille en début de course, Guillaume Martin-Guyonnet et Clément Braz Afonso sont ainsi parvenus à prendre les devants sur cette troisième étape. Le duo tricolore a en revanche été piégé à une trentaine de kilomètres par deux hommes, et ont alors disputé les accessits sur la ligne d’arrivée. Le grimpeur normand a accroché la neuvième place, tandis que son cadet s’est classé septième.
Au lendemain d’une étape très sélective en direction de Cuevas de Mendukilo, lors de laquelle Guillaume Martin-Guyonnet et Clément Braz Afonso ont bataillé aux alentours de la vingtième position, c’est le dénivelé positif le moins important de la semaine qui se profilait ce mercredi face aux coureurs. « Avant même le départ du Tour du Pays Basque, on visait cette étape, indiquait Benoît Vaugrenard. C’était la moins dure de la semaine, mais elle restait dure puisqu’elle affichait quand même 2800 mètres de dénivelé. Avec l’équipe dont on disposait, on avait décidé de faire la course. On savait aussi que les écarts réalisés hier pouvaient nous arranger et que l’échappée avait ses chances. Cependant, il ne fallait pas louper la bonne ! » Or, de très nombreux coureurs avaient la même idée dans ce troisième acte, et la bataille a donc duré près d’une heure et demie. « Ça a bagarré pendant quasiment 60 kilomètres, relatait Benoît. Maxime a tenté dans un premier temps, Guillaume a ensuite suivi un bon groupe, mais ce n’est ressorti que plus tard avec Guillaume mais aussi Clément. L’échappée n’a jamais eu un large avantage, mais on savait que ça allait jouer devant ». « C’était un super coup, ajoutait Guillaume. Il n’y avait que deux équipes surreprésentées et on en faisait partie, avec deux bonnes cartes qui plus est ».
« On était dans le match », Benoît Vaugrenard
Quinze coureurs se sont ainsi détachés à un peu moins de cent kilomètres du terme, ont franchi la première ascension répertoriée avec près de deux minutes d’avance, puis ont pris la direction de la montée de Bikotx-Gane, et ses trois derniers kilomètres à près de 9%. Les premières attaques dans l’échappée sont intervenues dans cette bosse, à plus de trente bornes de l’arrivée, mais onze coureurs demeuraient plus ou moins ensemble à l’approche du sommet, dont le duo de la Groupama-FDJ United. C’est en revanche dans les hectomètres qui ont suivi que le mouvement décisif s’est dessiné. « Laurance et Arrieta sont sortis dans une descente, où ça roulait très vite, et les gars m’ont dit qu’ils étaient un peu à fond à ce moment-là, disait Benoît. C’est un peu dommage, mais je pense que c’étaient les deux meilleurs devant. Il n’y a pas vraiment de regrets ». « « On a été un peu piégés quand les deux sont partis dans la descente, mais ils étaient très forts aussi », confirmait Guillaume. Dès lors, l’écart s’est rapidement creusé à trente secondes sur le contre de neuf hommes, et a même dépassé la minute avant les dernières buttes du final.
« Il fallait tabler sur le fait qu’ils se regardent, ce qui a été un peu le cas, mais on est revenus un peu trop tard, reprenait Guillaume. Dans le final, on a attaqué un peu chacun notre tour avec Clément, mais avec le début d’étape qu’on a vécu, je n’avais plus beaucoup de force, comme un peu tout le monde. C’était avec l’énergie qui restait ». « La poursuite est revenue à vingt secondes dans le dernier kilomètre en bosse, mais le duo de tête gérait et en gardait pour le sprint », complétait Benoît. Finalement, Axel Laurance s’est octroyé la victoire tandis que Clément Braz Afonso a coupé la ligne 24 secondes plus tard, en 7e position, deux rangs devant son coéquipier. « Même si le résultat n’est pas encore tout à fait là, il y a du mieux », disait Guillaume. « Il y a du positif avec ce double top 10 sur une course WorldTour, ajoutait Benoît. C’est important de répondre présent sur ce genre d’étape. On est tombés sur plus fort que nous, mais on était dans le match. Peut-être que Clément en a un peu trop fait dans le final, sans quoi le top 5 était jouable. Ceci dit, il donne beaucoup et est omniprésent depuis le début de saison. Pour Guillaume, qui était un peu en manque de confiance depuis quelques semaines, il a pu prendre un peu de plaisir devant. On sait qu’il aime être à l’attaque. Ça reste une journée plutôt bonne, et il pourrait y avoir de la place pour d’autres échappées cette semaine ». Une semaine qui se poursuivra sans Rémy Rochas, malheureusement contraint à l’abandon des suites de sa chute subie mardi.