Bastien Tronchon n’aura pas tardé pour se mettre en évidence sous ses nouvelles couleurs de la Groupama-FDJ United. Victime d’une chute dimanche dernier lors de la Clasica de Almeria, le coureur tricolore a été davantage en réussite ce mercredi lors du premier acte du Tour d’Andalousie. À l’issue d’une journée plutôt animée, il s’est ainsi flanqué de la deuxième place lors d’un sprint semi-massif, seulement battu par Christophe Laporte. D’autres opportunités pour lui et ses acolytes se profilent cette semaine.
C’est une mise en bouche musclée qui attendait les coureurs en Andalousie ce mercredi, avec près de 2700 mètres de dénivelé positif à avaler entre Benahavis et Pizarra sur 150 kilomètres. Aussi, la majeure partie des reliefs se situait dans la première moitié de parcours, ce qui pouvait donner lieu à une course dynamique. C’est d’ailleurs par un col de vingt kilomètres à 5% de pente moyenne que tout commençait. « Dès le départ, Campenaerts a attaqué et on a compris que Visma-Lease a Bike voulait rendre la course très dure, expliquait William Green. La première moitié de l’ascension a été plutôt calme, mais la seconde s’est faite à un rythme effréné, avec de nombreuses attaques pour tenter de rejoindre Campenaerts. Il a franchi le sommet avec une trentaine de secondes d’avance, et à ce moment-là, une grosse vingtaine de coureurs étaient distancés, dont Paul. Maxime s’est alors sacrifié et s’est relevé pour tenter de le ramener. Il a fait un excellent travail, Paul est revenu dans la file des voitures, mais c’est alors que la bagarre a été relancée ». Dans la troisième difficulté de la journée, le Puerto de las Abejas (4km à 5,5%), une grappe d’une quinzaine d’hommes s’est ainsi détachée du peloton pour reprendre l’échappée « matinale » de sept hommes, alors que soixante-dix kilomètres restaient à parcourir.
« J’y ai vraiment cru longtemps », Bastien Tronchon
« Heureusement pour nous, Clément [Braz Afonso] était dans ce contre, mais cela a signé la fin des espoirs pour Paul », reprenait William. À cinquante kilomètres, le groupe de tête s’est scindé mais le peloton ne pointait que trente secondes derrière. « On n’a pas trop paniqué, car il n’y a jamais eu de temps mort dans le peloton, expliquait Bastien Tronchon. L’écart ne grandissait pas, et c’était une journée plutôt bien gérée. Les mecs ont fait un super boulot pour aller chercher les coups et l’idée était que je sprinte à partir du moment où Paul n’était plus dans le groupe, donc je me ménageais un petit peu ». « On sait à quel point Bastien est rapide et on avait dit ce matin lors du briefing que c’était une vraie opportunité pour lui, complétait William. Valentin a notamment fait un beau travail pour rattraper l’échappée ». À environ trente-cinq kilomètres du but, la jonction a été opérée, un peloton d’environ soixante-dix unités s’est recomposé, Romain Grégoire a suivi un mouvement, avant que certaines formations ne reprennent le contrôle en vue d’une arrivée groupée. Sur un profil dénué de difficultés dans le final, l’avancée du peloton n’a dès lors plus été perturbée.« On était bien ensemble dans les dix derniers kilomètres avec Clément [Russo], racontait Bastien. Il m’a emmené jusqu’à un kilomètre, où on s’est malheureusement perdus. J’ai été obligé de partir à gauche, lui est parti à droite, pensant que j’étais encore avec lui ». « C’est aussi le premier final qu’ils disputent ensemble, disait William. On savait que le vent venait de la gauche dans le sprint, et le plan était de prendre à droite, là où était Clément ». Sur la gauche de la chaussée, Bastien Tronchon a finalement lancé son sprint seul et a un temps tenu la dragée haute à Christophe Laporte. « J’y ai vraiment cru longtemps, confiait l’intéressé. Je pense que j’ai lancé d’un peu loin, mais je préfère lancer de trop loin que de rester coincé derrière. Au final, Christophe était juste plus fort. C’est une deuxième place un peu amère malgré tout, car on s’est encore dit ce matin dans le bus qu’on n’était pas là pour faire de la figuration, mais pour gagner ».« On est évidemment satisfaits de cette deuxième place, mais d’un autre côté, Bastien avait clairement la possibilité de gagner aujourd’hui, concluait William. C’est une super manière de commencer la semaine, l’équipe est solide, il nous reste quatre occasions et des atouts à faire valoir sur chaque étape ».