Nouveau jour, et nouvelle course en Italie ! Après le Tour d’Émilie, la Coppa Bernocchi et les Trois Vallées Varésines ces derniers jours, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ United était présente au départ du Tour du Piémont ce jeudi, à l’avant-veille du dernier Monument de la saison. C’est un menu bien moins consistant qui leur était en revanche proposé entre Asti et Bra, avec 2500 mètres de dénivelé positif répartis sur 185 kilomètres. Quelques ascensions garnissaient bel et bien le parcours du jour mais elles ne présentaient pas de pentes infernales. Cela n’a pas empêché Brieuc Rolland d’anticiper les hostilités en se joignant à une échappée de dix hommes au départ. « Le but était de mettre quelqu’un devant, affirmait Benoît Vaugrenard. On a noté ces derniers temps que le peloton avait parfois du mal à aller chercher les échappées, il y avait aussi un risque de pluie dans le final, et on avait donc décidé de prendre l’échappée si un bon groupe de sept à dix coureurs se formait. Brieuc était désigné pour cette mission, et il l’a bien remplie. Malheureusement, ils n’ont jamais pris beaucoup d’avance car UAE Team Emirates-XRG a imprimé un gros tempo derrière ». 

Pour preuve, l’avance de l’échappée n’était que d’une minute lorsqu’a débuté la première des deux ascensions vers La Morra (7km à 4%), à 55 kilomètres du but. Au sommet, Brieuc Rolland appartenait un trio de rescapés, mais qui était sur le point d’être rattrapé par le paquet. « UAE a accéléré dans le premier passage de la bosse pour écrémer le peloton et durcir, puis on est passé à côté de la ligne d’arrivée et il restait un tour de trente-cinq bornes à faire, ajoutait Benoît. On a assez vite compris que ça allait sans doute arriver au sprint ». Le champion de France était d’ailleurs focalisé sur cet unique objectif ce jeudi. « On avait dit à Romain de ne pas bouger et d’attendre l’arrivée car on sait qu’il n’a pas de très grandes sensations en ce moment, indiquait Benoît. Le but était de faire le point avec lui au fur et à mesure de la course. Les autres, en revanche, avaient quartier libre avant l’arrivée ». Lorenzo Germani a tenté d’en profiter dans l’ultime passage par la montée de La Morra, mais un kilomètre après une offensive de sa part, c’est Isaac Del Toro qui a lancé un contre dévastateur, que seul Finn Fischer-Black a pu suivre.

Les deux hommes ont créé un écart de trente secondes sur un peloton reconstitué, bien que légèrement réduit, où la chasse a été menée tambour battant dans les cinq derniers kilomètres de plat précédant l’arrivée. La coalition de certaines équipes a payé, et le Mexicain a été revu dans les premières pentes du final ascendant vers l’arrivée (1300 mètres à 4% puis 400 derniers mètres plats). Romain Grégoire a alors tenté de remonter sur la gauche de la route mais demeurait autour de la quinzième position après le passage de la flamme rouge. « On savait que le placement était déterminant, on avait bien étudié le final, ajoutait Benoît. À 500 mètres, le sprint était quasiment joué. Ça a bien frotté et Romain a dit qu’il avait un peu hésité à 800 mètres. Il n’y a pas été, et il a donc passé le dernier virage en second rideau ». Comme d’autres, le puncheur bisontin a alors été ralenti par une chute quand Dorian Godon s’envolait vers la victoire. « Romain n’a pas ses toutes meilleures jambes, mais sans la chute, il aurait sans doute été plus proche du top 10 », ponctuait Benoît. Le représentant de la Groupama-FDJ United a finalement hérité de la seizième place et s’apprête désormais à retrouver l’Hexagone pour Paris-Tours, dimanche.