Huit ans après, l’équipe WorldTour Groupama-FDJ United était de retour, ce mercredi, sur le Grand Prix de Wallonie. Il allait sans dire qu’avec le champion de France dans ses rangs, il n’était aucunement question de faire de la figuration. « C’était la première participation de Romain à cette course, mais on sait que la montée finale de la Citadelle de Namur correspondait vraiment bien à ses qualités, compte tenu de sa longueur, des virages et de la fatigue accumulée durant la course, présentait William Green. Sachant tout ça, on savait qu’on avait une carte à jouer. Il était bien en Italie, sans être exceptionnel après sa chute, mais il avait bien récupéré et on savait qu’on avait une réelle opportunité aujourd’hui. C’est pourquoi on a pris les commandes de la course dès le début ». Six coureurs ont animé la première partie de l’étape, mais il a aussi été question de gérer intelligemment la poursuite. « On voulait laisser un écart assez important avec l’échappée, afin de pouvoir imprimer un rythme soutenu en milieu de course, expliquait William. On a arrêté de rouler quand l’écart est passé sous la barre des trois minutes car cela risquait de favoriser des attaques à la mi-course. On a ensuite repris le manche avec Baptiste, qui a fait un travail incroyable aujourd’hui. Comme prévu, des attaques ont quand même eu lieu dans les deux premières ascensions, un groupe de costauds s’est détaché, mais on a gardé notre calme. Le groupe n’était pas si étoffé et on savait qu’il y aurait ensuite du vent de face et de côté. Esteban a fait un travail remarquable, puis d’autres équipes sont venues l’épauler ». 

À quarante kilomètres du terme, le groupe de contre a rejoint l’échappée matinale, mais le peloton ne pointait qu’une petite minute derrière. Ainsi, au gré d’une chasse rondement menée au sein du paquet, tous les attaquants étaient repris à dix-huit bornes du terme, au pied de l’avant-dernière difficulté, celle de Tienne aux Pierres (3km à 5%). « On savait que des attaques pouvaient intervenir, mais s’il n’y en avait pas, l’objectif était d’imposer un rythme soutenu afin de pouvoir plus facilement manoeuvrer dans la dernière ascension, reprenait William. Decathlon-CMA CGM a fait un gros tempo, puis Lorenzo a été très fort en prenant le relais dans la deuxième partie de la montée. Grâce à ses efforts, des coureurs comme Girmay ou Askey ont été lâchés et n’ont pas pu revenir. C’était vraiment un travail d’équipe ». Si Tim Wellens et quelques autres ont tenté de se faire la malle au sommet de la Tienne aux Pierres, Axel Huens a été vigilant pour boucher quelques trous puis Lorenzo Germani a repris les rênes. « Il a roulé tôt car on ne voulait pas que le groupe de derrière revienne, spécifiait William. Il a pu mener le peloton de six à trois kilomètres de l’arrivée, jusqu’au pied de la montée. On l’a abordée en première position, puis Axel a appliqué à la lettre la stratégie prévue : éliminer un maximum de coureurs et rendre l’ascension aussi difficile que possible. Il était vraiment crucial de faire cet effort pour favoriser Romain ». 

C’est ainsi que pendant plus d’un kilomètre, Axel Huens a tenu les commandes du peloton et l’a étiré, avec son coéquipier champion de France bien calé dans sa roue. « L’équipe a encore fait un boulot monstrueux, saluait Romain. Axel a fait une superbe ascension finale après avoir été déposé par Lorenzo au pied. C’était exactement le plan du briefing ce matin. Au mètre près, il m’a lâché là où je le voulais pour placer mon attaque, puis j’ai fait exactement ce que j’avais à faire pour éliminer les coureurs les plus rapides ». « Tout s’est passé exactement comme prévu, ajoutait William. On savait que ce serait difficile avec le vent de face dans le dernier kilomètre, mais il fallait produire cet effort et on l’a fait là où on le souhaitait. Je suis vraiment fier de l’équipe pour avoir appliqué le plan à la lettre ». Précisément, le porteur du maillot bleu-blanc-rouge a donc dégainé à deux kilomètres du but, à la sortie d’un virage, et n’a emmené que deux coureurs dans son sillage. Parmi eux, Paul Lapeira, dont la contre-attaque n’a pas eu raison de Romain Grégoire, mais qui a permis au trio de devenir un duo à 1500 mètres du terme. Dès lors, les deux hommes ont collaboré, sans trop en faire, avec une demi-douzaine de coureurs à leurs trousses. « C’était normal de jouer un peu avec Lapeira, soufflait Romain. C’est ce qu’il se passe quand on se retrouve à deux dans le final d’une course cycliste. Je ne pense pas avoir fait d’erreur ». 

Sous la flamme rouge, le duo conservait d’ailleurs une trentaine de mètres d’avance, mais du fait du rapproché des poursuivants, le sprint s’est enclenché à près de 400 mètres pour Romain Grégoire et son rival. Le coureur bisontin est parvenu à prendre le meilleur à 200 mètres du terme, s’est ensuite engagé dans la dernière ligne droite en tête, mais a ensuite observé le retour d’Aubin Sparfel à 50 mètres du but avant un affrontement côte à côte jusqu’à la ligne. Cette lutte a tourné à la défaveur du champion de France, sur le fil. « Je pense avoir tout bien fait, confiait le principal intéressé. On est juste tombé sur un Aubin Sparfel très fort qui me prive de cette victoire dans les 50 derniers mètres. C’est extrêmement rageant car j’ai entrevu cette victoire de très près, mais ça ne l’a pas fait. Je suis très déçu ». « La déception est grande, peut-être plus que d’habitude, car on a le sentiment d’avoir fait le maximum, enchaînait William. Mais, avec le recul, on ne changerait rien à notre stratégie. Il faut juste reconnaître l’effort impressionnant de Sparfel. C’est dommage car Romain tourne autour et l’équipe était encore bien présente à ses côtés aujourd’hui. On retentera ». 

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