Auteur d’une semaine à son image, constante et solide, Axel Huens a dimanche décroché son meilleur résultat au classement général d’une épreuve WorldTour. À l’issue de cinq jours de course sur le Renewi Tour, le Nordiste s’est octroyé la onzième place finale, grâce notamment à quatre secondes de bonification récoltées lors des troisième et quatrième étapes. La cinquième disputée dimanche lui a permis de consolider son rang, bien qu’une cassure consécutive à une chute ne lui ait pas permis de défendre ses chances dans l’emballage.
Au sortir de deux premières étapes dédiées aux sprinteurs, les choses sérieuses s’apprêtaient à débuter vendredi sur le Renewi Tour. Une quinzaine de monts flamands se profilaient, dont quelques-uns des plus connus de la région, et notamment le Mur de Grammont par deux fois dans la seconde partie de parcours. C’est aussi dans le « Muur » qu’était tracée la ligne d’arrivée, mais seulement à mi-pente. Une journée décisive s’annonçait donc pour les coureurs, bien que la course ait finalement mis un certain temps à se décanter. Si les offensives n’ont pas manqué après le premier enchaînement Mur de Grammont-Bosberg à soixante bornes du but, le peloton demeurait relativement compact derrière l’échappée matinale. C’est en réalité une chute qui l’a coupé en deux à l’amorce du deuxième passage. Axel Huens est parvenu à se maintenir à l’avant et a franchi le sommet au sein d’un groupe de poursuite derrière deux hommes détachés. Thibaud Gruel l’a rejoint quelques instants plus tard suite au retour d’un second peloton. « On était parti pour jouer sur Axel et Thibaud, malheureusement Thibaud a eu des maux de ventre et n’était pas dans le coup, expliquait Frédéric Guesdon. Il a fait les deux passages du Grammont au placement, mais il a bien senti qu’il reculait, et il nous a assez vite informés qu’il ne sentait pas d’assumer son rôle ».
« On avait réussi notre objectif », Frédéric Guesdon
Grâce à sa présence au deuxième échelon, Axel Huens a quant à lui pu disputer les sprints bonification du « Green Kilometre », au pied du Bosberg, et a même glané deux secondes derrière le duo échappé. « On sait que les secondes coûtent cher au général, et c’était très bien qu’Axel réussisse à prendre ces bonifications, ajoutait Frédéric. Thibaud s’est ensuite complètement sacrifié pour le placer au pied du Mur. Axel a un peu coincé dans le sprint, mais l’important était qu’il finisse dans les roues pour ne pas prendre une cassure. Ça a été fait, il s’est replacé au général, et on était donc satisfait de notre journée ». Vingt-quatrième de l’étape à onze secondes du vainqueur, le Nordiste se replaçait de fait au quinzième rang du général avant le week-end, dont le premier acte consistait en un itinéraire de 187 kilomètres plutôt casse-pattes. « On pointait à neuf secondes du top 5, qui était l’objectif initial sur ce Renewi Tour, reprenait Frédéric. Or, la meilleure façon d’atteindre cet objectif était de faire les bonifications, et on s’est dit que cela valait la peine de tenter par l’intermédiaire de l’échappée. On a donc lancé Axel et Johan tout de suite à l’avant ». Le Suisse et le Français y ont retrouvé quatre autres coureurs, mais n’ont jamais compté guère plus de deux minutes d’avance alors que le fameux « Green Kilometre » était localisé à une vingtaine de kilomètres de l’arrivée, soit après 160 bornes.
« Ça n’a malheureusement pas très bien collaboré dans l’échappée car ça n’intéressait évidemment pas les autres coureurs qu’Axel passe devant leur leader au général, relatait Frédéric. On a vraiment ressenti la pression à l’entame de la dernière heure, car le peloton se rapprochait dangereusement. C’était un passage compliqué à gérer, les faits n’allaient pas dans notre sens, et ça a obligé Johan à rouler fort, et même Axel à s’employer plus que ce qu’on envisageait. De l’autre côté, ça arrangeait leurs compagnons de fuite que le peloton revienne ». Grâce à un dernier relais appuyé de Johan Jacobs, notamment, l’échappée a toutefois pu se présenter dans le « Green Kilometre » avec une quinzaine de secondes d’avance, soit une marge suffisante pour se disputer les sprints. Toutefois, Axel Huens n’a pu se mêler qu’au premier d’entre eux car déjà quelque peu éreinté. « On a tout de suite senti que ça allait être compliqué de faire les trois sprints, d’autant que les autres les lui ont vraiment contestés, disait Frédéric. Il n’a pris que deux secondes, mais d’un autre côté, heureusement qu’il les a prises. C’était une déception sur le coup car on visait les neuf qui étaient en jeu, mais avec le recul, cela lui a permis de se placer à la onzième place. On avait réussi notre objectif en prenant l’échappée pour remonter au général ».
« Axel a pleinement assumé », Frédéric Guesdon
Malgré l’échappée, Axel Huens a pu terminer l’étape au sein du peloton, tandis que Matteo Milan n’a pu faire mieux que 21e au sprint en raison d’une chute survenue juste devant lui dans l’emballage. Restait donc un dernier round, assez dynamique, ce dimanche, autour de Louvain. « On voulait rester calme et prendre le risque de ne pas intégrer l’échappée du départ, expliquait Frédéric. Si on avait eu la possibilité de faire le « Green Kilometre », on l’aurait disputé, mais on aurait aussi pu perdre des places en voulant le jouer à tout prix face à des mecs plus rapides. Les circonstances de course devaient définir notre façon de courir, et au final, l’échappée y est passée en tête. On n’a pas pris de bonifications, mais les autres non plus ». Sur le circuit de Louvain, des accélérations ont malgré tout émergé lors des trois derniers tours, mais sans provoquer de dégâts irrémédiables. Thibaud Gruel a accompagné certains mouvements tandis qu’Axel Huens a assuré sa place dans le « gros » du paquet. C’est d’ailleurs un petit peloton qui s’est disputé la victoire au sprint, et Jasper Philipsen a récolté son troisième bouquet de la semaine tout en scellant son succès final. Gênés par une chute à 1500 mètres du but, les coureurs de la Groupama-FDJ United n’ont pu se mêler à l’emballage, mais Axel Huens a malgré tout conservé et validé sa position au général.
« C’est tout de même une course WorldTour, et ce n’est pas rien de faire onzième d’une telle épreuve, concluait Frédéric. C’est une belle satisfaction pour Axel. On avait beaucoup échangé, et il m’avait dit qu’il se sentait capable d’être leader sur cette course, où il avait réalisé un bon résultat l’an passé en tant qu’équipier. On l’a donc propulsé co-leader aux côtés de Thibaud, car les deux étaient très motivés pour cette course. Il a totalement assumé en allant chercher des secondes ici et là et il n’a pas flanché jusqu’à la fin. La petite déception concerne Thibaud : il marchait fort également, et il aurait lui aussi pu aller chercher un beau résultat sans sa petite maladie sur l’étape des monts. C’est tombé au mauvais moment… »