Si les deux premières étapes du Renewi Tour n’ont pas été des plus limpides mercredi et jeudi, elles ont pourtant toutes les deux abouti sur un sprint massif. Lors du premier acte, Thibaud Gruel s’est mêlé à l’emballage face aux grosses cuisses et a obtenu la quatorzième place, tandis que son compère italien Matteo Milan s’est lui flanqué d’une très solide quatrième place à l’occasion du deuxième round. Il s’agit de son deuxième top 5 à l’échelon WorldTour cette saison. La traditionnelle étape des monts se profile désormais pour le peloton.
Pour la première fois depuis le mois d’avril, le calendrier WorldTour ramenait mercredi les coureurs en terres belges à l’occasion de l’édition 2026 du Renewi Tour. C’est autour de Diest que devaient débuter les hostilités, sur un parcours de 191 kilomètres sans ascensions majeures, mais dans une journée durcie par les éléments. « Ça n’a pas été une journée facile du tout en raison de la mauvaise météo, exposait Frédéric Guesdon. Les mecs n’avaient pas roulé sous la pluie depuis longtemps, et sur ces routes étroites, avec des passages pavés, un mont à franchir plusieurs fois, ce n’était pas évident de retrouver ses repères. On a eu un peu de difficultés à être présents collectivement durant la journée, et Matteo n’a pas pu être là pour le sprint final ». Un sprint qui n’a d’ailleurs failli pas avoir lieu puisque l’échappée du jour, composée de cinq hommes, a tenu tête au peloton jusque dans les deux derniers kilomètres de l’étape. C’est finalement Thibaud Gruel qui a joué des coudes pour se mêler à l’emballage (14e). « Il était dans les billes, mais il est tombé sur plus fort que lui au sprint, reprenait Frédéric. C’était peut-être l’étape qui nous convenait le moins bien de la semaine, mais on n’a pas subi de chute et on était encore dans les clous pour le général, donc ça restait une journée correcte ».
« De bon augure pour la suite », Frédéric Guesdon
À l’issue de cet acte d’ouverture usant, Thibaud Gruel, Axel Huens, Clément Russo, Johan Jacobs et Kevin Geniets demeuraient d’ailleurs dans les temps, bonifications exclues, du leader Jonathan Milan. Sur le papier, la deuxième étape vers Ardooie présentait encore moins d’obstacles que la première, puisque moins de 500 mètres de dénivelé étaient répertoriés. Mais de nouveau, la course s’est avérée plus intense que prévu. « Tout le monde était tendu car on partait du bord de mer et qu’il y avait beaucoup de vent, expliquait Frédéric. En plus de ça, le départ a été retardé en raison d’une chute dans le fictif. L’étape a été raccourcie à 155 kilomètres et ça a donné une journée assez difficile en raison du vent et des changements de direction ». Trois coureurs ont ouvert la route dans la première partie de course, puis une importante chute massive a créé une certaine confusion à environ 70 kilomètres du but. « Ça a été une étape assez éprouvante nerveusement, confiait Frédéric. Il y a eu une vraie bataille entre les équipes sans sprinteurs et celles qui en avaient un. Avec le vent et la fatigue de la veille, certains pensaient qu’il y avait possibilité de faire plier les équipes de sprinteurs. Ça a provoqué une course très dynamique jusqu’à 20 kilomètres de l’arrivée, moment où les équipes de sprinteurs ont définitivement gagné leur combat ».
Malgré une course de mouvements incessante, dans laquelle la Groupama-FDJ United s’est montrée vigilante, c’est bien un sprint d’environ 100 coureurs qui a conclu la journée. « Johan et Clément étaient là pour placer Matteo du mieux possible, ce qu’ils ont bien fait, relatait Frédéric. Ensuite, Matteo n’a pas vraiment fait d’erreurs. Il a eu le bon timing pour se replacer, il est arrivé dans la roue de Philipsen au moment où ce dernier a lancé. Il s’est classé quatrième, battu par plus fort, et à quelques centimètres de la troisième place ». Entreprenant dans les derniers hectomètres, l’Italien a ainsi pu se frayer un chemin vers son deuxième top 5 de la saison en WorldTour, après sa troisième place décrochée sur l’UAE Tour. « C’est d’autant plus une satisfaction que le plateau de sprinteurs est costaud ici, affirmait Frédéric. C’est bien pour lui. Physiquement, il a encore une marge de progression, mais il est déjà capable d’être présent au haut niveau. C’est de bon augure pour la suite ». Les opportunités de sprint devraient en revanche être faibles sur la fin de ce Renewi Tour, qui entrera dès vendredi dans le vif du sujet avec l’étape des monts, incluant le Mur de Grammont. « C’est normalement là où se joue le général, mais ça risque d’être très ouvert et il faudra être vigilant dans la première partie de course, ne pas louper le bon coup et courir juste, concluait Frédéric. Je suis assez optimiste car on a des coureurs très motivés et en forme comme Thibaud et Axel qui peuvent jouer une très bonne place sur l’étape et au général ».