En mauvaise posture pendant un temps ce dimanche lors de la 110e édition du Tour des Flandres, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ United est finalement parvenue à redresser en partie la situation à l’occasion du deuxième Monument de la saison. Piégés par un coup de force à cent kilomètres de l’arrivée et relégués en second rideau, les coureurs de la formation française se sont montrés combatifs jusqu’au bout, et Valentin Madouas a franchi la ligne en 16e position. Romain Grégoire (22e) et Axel Huens (23e) ont fini peu après.
Entre Anvers et Audenarde, la grand-messe du cyclisme belge se profilait en ce dimanche de Pâques à travers 278 kilomètres imprégnés d’histoire, de difficultés et d’une atmosphère inégalée. Pour sa 110ème édition, le Tour des Flandres conservait un tracé relativement similaire aux dernières années, avec l’iconique enchaînement Vieux Quaremont-Paterberg, à répéter deux fois, mais aussi le Koppenberg entre ces deux séquences. Toutefois, avant d’attaquer les premiers monts pavés, pas moins de 140 bornes étaient à parcourir depuis Anvers, durant lesquelles une échappée de treize coureurs est parvenue à se dégager. À la faveur d’une semi-neutralisation dans le peloton à la suite d’un passage à niveau, les fuyards ont pu entamer la première montée du Vieux Quaremont avec cinq minutes d’avance. Une fois la mi-course franchie, les esprits ont commencé à s’échauffer dans le paquet et Axel Huens a été le tout premier à créer un peu de mouvement, dans la montée du Wolvenberg. Le Nordiste a été repris, l’allure s’est accélérée à travers les deux secteurs pavés suivants, puis le peloton s’est véritablement étiré à l’approche du Molenberg, à 104 kilomètres du but. Et c’est très exactement à ce moment-là que la course a pris un tournant décisif. Une quinzaine de coureurs s’est détachée dans ce mont, et l’Équipe cycliste Groupama-FDJ United en était absente.
« Il manque toujours le petit quelque chose », Valentin Madouas
« Axel aurait pu être dedans, mais il s’est fait balancer par un concurrent à l’approche et il a perdu contact avec les premiers du peloton, expliquait Frédéric Guesdon. Ça s’est beaucoup fait au placement, et certains manquent sans doute encore de métier. La cohésion n’était peut-être pas optimale, mais on a vu des individualités passer le Molenberg. Je pense qu’on aurait également pu être présent en manœuvrant seul, mais c’est la course. Tout le monde veut être devant à ce moment, mais il n’y a pas de place pour tout le monde ». « Malheureusement, aucun gros favori n‘a été piégé, ce qui n’arrive pas souvent, et ça a immédiatement fait le trou, ajoutait Valentin. On a loupé ce coup, et à partir de là, c’est devenu très compliqué ». Le groupe des favoris a très vite pris une minute d’avance sur le reste du peloton, où Johan Jacobs a tenté de mener la poursuite tant bien que mal. « On a essayé de rectifier le tir mais on savait que ça allait être difficile face aux champions », indiquait Frédéric Guesdon. À l’entame de la deuxième ascension du Vieux Quaremont, près de deux minutes séparaient les cadors, déjà à l’attaque, et le peloton, au sein duquel Thibaud Gruel, Valentin Madouas, Romain Grégoire et Axel Huens demeuraient dans le match. « Il fallait résister et ne rien lâcher pour essayer de faire le résultat qu’on voulait, à savoir un top 10 », disait l’ancien champion de France.
Avant de retrouver une dernière fois le Vieux Quaremont, une boucle d’environ quarante kilomètres incluant le Koppenberg et le Taaienberg a permis à Pogacar et Van der Poel de s’isoler à l’avant, tandis qu’un groupe de neuf coureurs s’est détaché du peloton avec Valentin Madouas et Romain Grégoire, alors de nouveau à la lutte pour un top 15. Au sommet du dernier Vieux Quaremont, seul le Breton demeurait dans ce groupe d’intercalés, qui a finalement joué la douzième place après l’ultime passage du Paterberg et les treize derniers kilomètres vers Audenarde. À l’issue d’un sprint en petit comité, Valentin Madouas a finalement hérité de la seizième place. Romain Grégoire et Axel Huens ont terminé une petite minute plus tard, en 22e et 23e positions. « On est déçus d’avoir manqué le bon coup et du classement, mais les gars se sont bien battus jusqu’au bout », disait Frédéric. « Je pense qu’on avait le top 10 dans les jambes car on n’arrive pas si loin et on était dans le match physiquement, soufflait Valentin. Malheureusement le coup du Molenberg nous coûte cher. C’est un peu le résumé de ces Classiques. On a un groupe fort et homogène, mais il manque toujours le petit quelque chose pour aller chercher un grand résultat ». Reste désormais une opportunité pour le groupe des « Flandriennes », dimanche prochain, avec la « Reine des Classiques ».