Ce samedi, le premier jour du printemps coïncidait, presque logiquement, avec Milan-San Remo. Et comme ces deux dernières années, le peloton avait rendez-vous à Pavie pour le départ du premier Monument de la saison. Au programme, un peu plus de 300 kilomètres (départ fictif inclus) et un final annoncé sous haute tension à travers la Cipressa et le Poggio. Plusieurs heures avant ce « money time », tout a débuté avec la traditionnelle échappée, composée de neuf coureurs dans cette édition 2026, et qui a d’abord été relativement muselée par le peloton. En revanche, à la suite de la descente du Passo del Turchino, les fuyards ont commencé à reprendre le large. « On était habitués à un rythme effréné dès qu’on arrivait sur la côte lors des dernières éditions, expliquait Philippe Mauduit. Avec le vent de face cette année, c’était un peu plus posé. Ça s’est surtout excité à l’approche des Capi ». Si bien qu’en l’espace de trois bosses et quinze kilomètres, le peloton a repris près de trois minutes à l’échappée. Puis la course a pris un tout autre tournant à la traversée d’Imperia, quelques kilomètres avant d’aborder la cruciale montée de Cipressa. « Pogacar a été pris dans une chute, et ça a encore davantage tendu le peloton », glissait Philippe.

Un peloton au sein duquel la guerre de position a malgré tout fait rage à l’approche de la Cipressa. « Clément [Russo] et Kevin ont fait du gros travail de ce point de vue, et c’est ce qu’on avait prévu », reprenait Philippe. « On était un peu perdus au pied de la Cipressa car UAE n’était pas devant, disait Romain Grégoire. On s’est demandé ce qu’il allait se passer, et si on allait retomber sur un scénario plus classique avec une décision dans le Poggio. Puis, Pogacar est revenu de nulle part, et ça a tout de suite embrayé ». Comme l’an passé, le champion du monde a mis à contribution ses équipiers pour durcir, avant d’attaquer, à2500 mètres du sommet et un peu plus de vingt-quatre kilomètres du but. « J’étais placé aux alentours de la 15-20eposition, mais dans la Cipressa, c’est déjà trop loin », tranchait Romain. Tadej Pogacar n’a emmené avec lui que Tom Pidcock et Mathieu van der Poel, alors dans sa roue, et le trio a immédiatement fait la différence sur le reste du peloton. Un peloton qui s’est étoffé à une quarantaine d’hommes après la descente de la Cipressa, avec également Clément Braz Afonso et Bastien Tronchon pour le compte de la Groupama-FDJ United. Dans la phase de transition vers le Poggio, le paquet a mené une vive poursuite derrière le trio échappé, mais au pied de la dernière difficulté du jour, une dizaine de secondes restait à combler.«

Je me suis dit que ça pouvait rentrer et que je pouvais encore espérer un exploit dans les deux derniers kilomètres, ou en trouvant un trou de souris au sprint, indiquait Romain. Je n’ai pas baissé les bras, j’espérais un petit miracle ». Néanmoins, après s’être débarrassés de Van der Poel, Pogacar et Pidcock ont atteint le sommet du Poggio avec une quinzaine de secondes d’avance sur le peloton, et n’ont pas hésité à se relayer dans les deux derniers kilomètres de plat menant sur la Via Roma de San Remo. Le champion du monde a finalement réglé le Britannique pour la victoire, Wout Van Aert a accroché la troisième place après une attaque dans le final, et un peloton d’environ quarante coureurs s’est disputé les places restantes. Dans cet emballage, Romain Grégoire a pris la 18e place, Bastien Tronchon la 21e, tandis que Clément Braz Afonso a hérité de la 29e. « J’ai été complètement bousculé dans le sprint et j’étais beaucoup trop loin au kilomètre, confiait Romain. Je suis remonté, mais en partant d’aussi loin, je ne pouvais pas mieux faire. Je pense que j’étais bien aujourd’hui, mais je ne sais pas quoi penser de ma course. Je n’ai pas vraiment fait d’effort maximal, j’ai l’impression d’avoir suivi toute la journée et de ne pas avoir été acteur de la course. C’est très frustrant ».« Je pense qu’il n’a pas fait ce qu’il aurait voulu faire aujourd’hui, complétait Philippe. On n’était pas venu là pour ça. Le scénario n’est pas celui dont on avait rêvé mais on doit s’adapter. Malgré tout, les garçons ont été valeureux et ils se sont battus avec les armes du jour ».

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