Pour la troisième journée consécutive, le peloton de Tirreno-Adriatico s’en allait avaler plus de 200 kilomètres ce jeudi, dans un quatrième acte incertain et au profil accidenté cumulant plus de 2700 mètres de dénivelé positif. Deux longues ascensions figuraient d’ailleurs dans la première moitié de course avant de plonger vers la mer Adriatique, mais c’est avant même ces reliefs que la bataille pour l’échappée s’est sérieusement enclenchée. « On voulait absolument prendre l’échappée car on pensait qu’il y avait une petite chance qu’elle puisse aller au bout », expliquait Yvon Caër. « On pensait que ça allait batailler un moment pour que l’échappée sorte, mais après 3-4 kilomètres, un groupe de onze s’est détaché et on n’avait personne devant, témoignait Rémy Rochas. On a essayé de relancer dans le peloton à plusieurs reprises. J’ai moi-même attaqué à un certain point, malheureusement le peloton a fait rideau derrière, et je me suis retrouvé tout seul à une dizaine de kilomètres du pied du col. J’avais déjà une minute de retard, et c’était assez compliqué avec mon petit gabarit face aux costauds qui étaient devant. J’ai essayé de gérer jusqu’à la bosse, que j’ai faite à un bon rythme. J’ai finalement réussi à rentrer après un gros effort ».

Après trente minutes de poursuite solitaire, le coureur de la Groupama-FDJ United a pu raccrocher l’échappée initiale, et même prendre la deuxième place au sommet de la première difficulté. « On s’est dit en début de semaine qu’on saisirait toutes les opportunités, et il a joué les points de la montagne pour se donner un objectif, complétait Yvon. Il a forcément laissé un peu d’énergie dans la poursuite, mais on a vite compris que le peloton ne laissait pas filer. Les équipes de leaders voulaient une explication entre costauds ». À l’approche de la côte adriatique, l’écart était réduit à deux minutes et l’échappée a qui plus est commencé à se désunir. « On a fait une belle journée à l’avant et on a bien collaboré, jusque dans le final où ça a commencé à être désordonné, confiait Rémy. C’est aussi à ce moment-là que je n’avais plus trop les jambes personnellement. J’ai un peu payé mes efforts du départ ». Décroché de l’échappée, le Savoyard a été repris à vingt-cinq kilomètres du but par le peloton, alors lancé à toute allure derrière le dernier rescapé de l’échappée. « J’ai un peu galéré en ce début de saison, mais la forme revient progressivement, confiait Rémy. Aujourd’hui je me sentais vraiment bien et l’objectif sera d’aller chercher d’autres opportunités sur la fin de semaine ».

Un paquet étiré et agité s’est présenté au pied de l’ultime côte du jour, à Tortoreto (1,5 km à 8,4%), située à douze kilomètres de la ligne, où tout a rapidement explosé. « On a un peu failli sur le placement, confiait Yvon. On a viré loin au pied de la bosse, même s’il était compliqué de faire beaucoup mieux. On a été contraint à un gros effort, Clément a réussi à recoller au groupe de favoris, mais il lui a manqué un petit quelque chose au sommet quand ça a pété. Il a payé l’effort fourni pour boucher le trou qu’il y avait au pied. C’est ce qui a fait la différence. C’est un peu frustrant, mais j’ai beaucoup apprécié l’engagement de bout en bout sur cette étape ». Au sommet de l’ultime difficulté, Clément Braz Afonso a basculé dans un groupe de poursuite à vingt secondes d’une dizaine de leaders qui se sont finalement joués la victoire. Mathieu van der Poel s’est imposé tandis que le coureur de la Groupama-FDJ United a obtenu la 20e place quatorze secondes plus tard. « Il est en bonne condition, concluait Yvon. On fera des choix un peu plus clairs ces deux prochains jours pour qu’il soit positionné au pied des difficultés, mais on ne s’interdit pas non plus qu’il aille dans l’échappée car il sera quoi qu’il en soit difficile d’envisager le top 10 au général. Il faut continuer d’être offensifs et se battre avec nos moyens ».

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