L’Équipe cycliste Groupama-FDJ United a ce mardi franchi le premier point de passage décisif de Paris-Nice de belle manière. À l’occasion du contre-la-montre par équipes de 23,5 kilomètres dans la Nièvre, Rémi Cavagna, David Gaudu, Ewen Costiou et leurs compères ont tiré le meilleur de leur potentiel collectif pour signer une solide neuvième place, à 41 secondes de la formation lauréate Ineos Grenadiers. Avant l’apparition des premiers reliefs, les grimpeurs du groupe pointent aux alentours de la 20eposition au classement général.
Comme c’est désormais la tradition depuis 2023, un contre-la-montre par équipes figurait au programme de Paris-Nice ce mardi. Un exercice aux règles désormais bien connues : le classement de chaque formation étant déterminé par le temps de son premier représentant à l’arrivée, et chaque coureur se voyant attribuer son temps réel. Dans cette édition 2026, c’est sur un parcours de 23,5 kilomètres que cette configuration était reproduite. « Il y avait une partie technique de 2,5 kilomètres puis deux montées, détaillait Anthony Bouillod, entraîneur de la Groupama-FDJ United. L’une était dans la première partie, l’autre dans le final, suite à quoi il y avait une descente pour rejoindre l’arrivée avec un dernier bout droit de 1500 mètres. C’était un chrono très rapide ». La formation hexagonale a été parmi les premières appelées sur la rampe de lancement, puisque seulement trois équipes se sont élancées avant elle. À 15h22, Rémi Cavagna et ses compères ont pris le départ avec une stratégie bien établie. « On a réussi à faire tourner l’ensemble de l’équipe sur la partie technique, reprenait Anthony. Mettre les grimpeurs à l’arrière à ce moment-là n’était pas réellement un avantage car ils prenaient toutes les relances. Le but était surtout de retomber sur Ewen et Rémi au moment de débuter les portions roulantes, afin qu’ils remettent l’équipe dans un bon rythme ».
« C’est une bonne performance du groupe », Anthony Bouillod
Une stratégie renouvelée durant le parcours, tandis que la Groupama-FDJ United passait avec le deuxième temps provisoire au premier intermédiaire, en 15’55. « Tout le monde passait de manière homogène dans les bosses, même si les plus forts prenaient évidemment des relais plus longs, précisait encore Anthony. Mais c’est plutôt dans les transitions montées/descentes que les coureurs devaient s’adapter pour que les coureurs les plus forts, à savoir Ewen et Rémi, puissent justement réaccélérer sur les bascules : là où ils sont les plus forts. On s’arrangeait toujours pour les avoir dans la bonne position afin de favoriser une grosse reprise de vitesse ». « Je pense que j’étais l’un des éléments moteurs, mais le but n’était pas de rouler plus vite que les autres et de détruire l’équipe, confiait Rémi. Il était plutôt de les accompagner et de les soulager. Le plus important était de ne pas perdre de la vitesse. C’est ce que j’ai fait, ce qu’on a fait au mieux, et on s’est, je pense, plutôt bien débrouillés. On est partis assez prudemment et on a réussi à finir assez vite ». À son arrivée, la Groupama-FDJ United a ainsi établi la meilleure marque provisoire, en 27’21, seulement battue de quatre secondes par UAE Team Emirates-XRG quelques minutes plus tard.
Au fil de l’après-midi, l’écurie tricolore a peu à peu reculé, mais a tout de même conservé sa place dans le top 10 : en neuvième position, à 41 secondes d’Ineos Grenadiers. « On savait qu’on n’allait pas remporter l’étape, car on n’avait pas l’équipe type en termes de contre-la-montre, mais on avait de bons coureurs et on a roulé le plus vite possible avec l’équipe qu’on avait », assurait Rémi. « On n’avait pas fixé un objectif de place mais plutôt un objectif de temps en vue du général, ajoutait Anthony. On imaginait perdre environ 45 secondes sur l’équipe victorieuse. On en a concédé 41, c’est plutôt très bien et satisfaisant. Quant à la position, je pense que c’est notre place dans un bon jour avec le groupe dont on disposait. C’est une bonne performance du groupe. Je suis également assez content des gars, car le vent a un peu tourné par rapport à la reconnaissance, mais grâce à tout le travail fait en amont, notamment sur le circuit, ils ont su travailler ensemble et s’ajuster en fonction des conditions. C’était très positif ».
À la suite de cette première journée cruciale dans la « Course au Soleil », Ewen Costiou, David Gaudu et Rudy Molard se situent aux 20e, 21e et 22e places du général, à 43 secondes du leader Juan Ayuso. « David et Ewen ont montré qu’ils étaient bien aujourd’hui, c’est plutôt rassurant et cela va leur donner confiance », ajoutait Anthony. « On arrive maintenant sur un terrain plus favorable aux échappés et à nos leaders », ponctuait Rémi.
Photo : A.S.O / Billy Ceusters