L’Équipe cycliste Groupama-FDJ United a ce vendredi vécu un final d’étape palpitant sur le Tour Down Under. Au terme d’une échappée menée dès le kilomètre 0 avec deux autres concurrents, Enzo Paleni a ainsi été le dernier homme à résister au peloton. En grande forme, le jeune Picard n’a été rattrapé qu’à 800 mètres de la ligne, après avoir longtemps semé le doute parmi les sprinteurs. Lors de l’emballage, Lewis Bower a su se frayer un chemin et signer une superbe troisième place.
En retrait lors du second acte, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ United avait bien l’intention de relever la tête lors de la troisième étape du Tour Down Under ce vendredi, et ce malgré un terrain favorable aux sprinteurs en direction de Nairne. «Nous avons fait le briefing dès hier soir et on s’était dit qu’il nous restait des opportunités à saisir ici, et qu’il fallait continuer de se battre sur chaque étape, insistait Jussi Veikkanen. L’objectif du jour était de provoquer une échappée sachant que de grosses chaleurs étaient attendues et que le final n’était pas aussi simple que le papier le laissait supposer, ce qui pouvait donc mettre des équipes de sprinteurs en difficulté ». Toujours volontaire lorsqu’il s’agit de se projeter à l’avant, Enzo Paleni a initié l’échappée du jour dès les premiers instants. « Le plan était de sortir avec de solides coureurs, disait l’intéressé. C’est toujours mieux pour une bonne collaboration. Je savais que ça allait être difficile mais j’avais vu que le vent serait portant sur les dix derniers kilomètres et je me disais que ça pouvait nous donner une chance. J’aime l’art de l’échappée, et à chaque fois que j’en prends une, mon objectif est de tout faire pour aller au bout».



« Ça paiera un jour », Enzo Paleni
En compagnie du meilleur grimpeur de l’épreuve Martin Urianstad Bugge ainsi que de Baptiste Veistroffer, le Beauvaisien a toutefois été maintenu à moins de trois minutes toute la journée, et a dû faire preuve de malice pour tenter de déjouer les plans du peloton. « On s’est parlé avec Enzo après la mi-course, et on s’est dit qu’il fallait commencer à jouer », confiait Jussi. « On a bien roulé toute la journée, puis on a sérieusement ralenti à environ cinquante kilomètres de l’arrivée pour faire ralentir le peloton et tout mettre ensuite dans la dernière heure », détaillait Enzo. L’écart est ainsi d’abord tombé à trente seconde à trente-cinq kilomètres du but, avant de remonter à près d’une minute trente à vingt bornes du terme ! « On a commencé à y croire à dix kilomètres de l’arrivée car Enzo avait encore une minute d’avance et que se profilaient trois kilomètres de descente, vent de dos, reprenait Jussi. Il y avait un petit espoir ! ». Enzo Paleni a même entamé les quatre derniers kilomètres avec un matelas intéressant de quarante secondes, mais une ultime portion montante a alors quelque peu coupé l’élan du Français et permis au peloton d’opérer un sérieux rapproché.
Seul en tête à l’entrée dans les trois derniers kilomètres, l’ancien de « La Conti » a continué d’évoluer avec une poignée de secondes d’avance sur le peloton jusqu’à la flamme rouge, avant d’être inexorablement revu, à 800 mètres de la ligne, après avoir couvert la quasi-entièreté de l’étape à l’avant. « Ce n’est pas la première fois que je suis repris si proche de l’arrivée, mais j’y retournerai, promettait Enzo. J’aime ces échappées sur les étapes de plat car on peut jouer avec le peloton, c’est plus intéressant. J’ai pris du plaisir aujourd’hui. Malheureusement je ne suis pas allé au bout, mais je suis sûr que ça paiera un jour ». « Ce qu’a réalisé Enzo aujourd’hui est vraiment très bien, et cela démontre qu’il y a des opportunités quand on essaie », ajoutait Jussi. À peine le Picard récupéré que le sprint était sur le point de se lancer. C’est alors Lewis Bower qui a pris le relais des espoirs de la Groupama-FDJ United, de manière assez inattendue.



« C’est tout simplement incroyable », Lewis Bower
« Il n’était pas super hier et n’était donc pas très confiant pour aujourd’hui, expliquait Jussi. On s’était dit qu’on allait jouer sur Tom, mais il a eu un ennui mécanique au pire moment et on a alors informé Lewis qu’il pouvait faire son sprint ». Le Néo-Zélandais de 21 ans, lui aussi transfuge de « La Conti », a alors exploité au mieux cette opportunité. « Une fois que j’ai eu le feu vert, j’ai essayé de rester proche d’Ineos et de Sam Welsford, racontait le Kiwi. Je l’ai dépassé dans la montée à trois kilomètres car ça allait très vite, puis j’ai essayé de rester en bonne position en naviguant de train en train. À environ 500 mètres de l’arrivée, Welsford est remonté avec son équipe et j’ai réussi à prendre sa roue. J’ai lancé à 200 mètres pour essayer de le passer, mais je n’avais pas la vitesse nécessaire, alors je suis revenu dans l’aspiration et j’ai tenu bon pour la troisième place ! »
Lewis Bower a ainsi signé le premier podium de l’équipe en cette saison 2026, et son premier à titre personnel à l’échelon WorldTour. « C’est tout simplement incroyable, confiait l’intéressé. Après avoir fourni tant de travail acharné et sacrifié autant de temps loin de ma famille et de mes amis, c’est vraiment gratifiant de voir que tous les efforts que j’ai faits pour accéder au WorldTour portent leurs fruits. Décrocher un podium est quelque chose de très spécial et de très émouvant pour moi ». « On est très content pour lui, ponctuait Jussi. Lewis est jeune, quasiment chez lui, et sa famille était là aujourd’hui. Ce sont des opportunités rares pour un coureur néo-zélandais de pouvoir s’exprimer devant ses proches. Ce super résultat va aussi beaucoup le rassurer par rapport à sa condition, car ce n’était pas une étape simple ». Samedi, le peloton devait s’attaquer à l’étape reine du Tour Down Under, vers Willunga Hill, mais les chaleurs extrêmes annoncées ont conduit l’organisation à retirer la célèbre ascension du parcours, réduit à 131 kilomètres.