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Tour d'Italie étape 10

le 20 mai 2014
La victoire d’un état d’esprit. Nacer Bouhanni est bien le sprinteur le plus fort du Tour d’Italie, sa troisième victoire d’étape mardi en atteste mais il est surtout un leader qui a su, depuis le départ de Belfast, fédérer autour de lui toute une équipe, coureurs et staff. A l’image d’un Sébastien Chavanel tout simplement hallucinant !

« Là, disait Martial Gayant quelques minutes après l’arrivée, je suis comme Aimé Jacquet en 1998… Ce que nous vivons dans ce Tour d’Italie est exceptionnel. Je vois des coureurs transcendés par leur leader et qui bossent sans se poser de questions. C’est tout simplement magnifique ! »

Le directeur sportif de l’équipe fdj.fr parle d’Alexandre Géniez et Arnaud Courteille qui ont tiré d’interminables bouts droits durant l’étape derrière les deux échappés italiens Fedi (Neri Sottoli) et Bandiera (Androni Giocattoli) tandis que les autres coureurs de l’équipe restaient autour de Nacer dans l’attente d’une côte située à dix kilomètres de l’arrivée.

Les équipes Trek Factory, Omega Pharma-Quick Step, BMC et Sky ont vissé très fort dans cette côte, notamment Boasson Hagen resté en tête jusqu’à 2 kilomètres de l’arrivée et provoquant des cassures mais Nacer et ses équipiers n’avaient pas reculé au-delà de la trentième place. A trois kilomètres de l’arrivée, Nacer était replacé dans le sillage de Sébastien Chavanel. Et là, le show de Seb a commencé.

Il a pris les commandes du peloton à 1,4 kilomètres de l’arrivée sans permettre à personne de prendre sa place. Jamais, même au début de sa carrière, jamais Sébastien n’avait fait une telle impression de puissance. Il s’est relevé, Nizzolo a lancé le sprint à 200 mètres de la ligne d’arrivée, Nacer a surgi et a produit son effort quarante mètres plus loin pour l’emporter nettement.

«Je suis un leader, a dit Nacer, parce que j’ai des équipiers exceptionnels qui ont confiance en moi. Tout n’est pas parfait mais le résultat et là et dans ce Giro on vit de super moments. »

Derrière la ligne d’arrivée, le porteur du maillot rouge du Giro avait longtemps étreint Sébastien Chavanel, lui qui fut à l’origine de son retour sous le Trèfle l’hiver dernier.

« J’ai quand même pris un gros relais, dit Sébastien dans un grand sourire, j’ai commencé à 1,4 kilomètre de la ligne, j’ai profité des virages pour reprendre mon souffle à chaque fois. Je me surprends moi-même, notamment d’avoir franchi la côte dans les 30 premiers. C’est l’effet Nacer, il me fait un bien fou ! J’ai un seul but : ne jamais le lâcher. Je fais ma course à fond mais il me le rend bien. Il a déjà trois victoires… Nacer est un grand champion, il fédère autour de lui. En cours d’étape, il a été déçu de ne pas prendre de points au sprint intermédiaire mais la victoire d’étape était la priorité. C’est une super équipe, pas la plus forte sur le papier mais collectivement elle est très très forte ! »

Dans son propos liminaire, et rappelant la très belle photo de groupe postée sur Twitter lundi pendant la journée de repos, Martial Gayant parlait d’un groupe transcendé mais c’est vrai pour tous ceux qui vivent cette belle aventure du Giro.

« Lundi, rappelle Martial, Frédéric Guesdon a pris sa voiture et a couvert les 100 kilomètres qui nous séparait de l’arrivée d’étape. Il a filmé les 10 kilomètres avec sa tablette et ainsi les coureurs ont bien pu s’imprégner du parcours. Nacer et ses équipiers sont très minutieux, un grand soin est apporté à chaque détail, à tout ce qui construit la fin d’étape. Je suis admiratif. »

Depuis son bureau, Marc Madiot n’a pas perdu un instant de la retransmission et il a exulté en voyant son sprinteur l’emporter une nouvelle fois. « Nacer se comporte comme un champion, disait-il, et Sébastien Chavanel est tout simplement bluffant. Je ne l’avais jamais vu faire un numéro pareil ! Seb a fait aujourd’hui la plus belle course de sa carrière ».

Marc se rendra en début de semaine prochaine au Giro mais il a d’abord rejoint mardi soir ses coureurs et staffs réunis en stage dans les Pyrénées. Et là aussi, dans un petit hôtel d’Argelès-Gazost, c’était l’effervescence.

« Seul l’ordinateur nous permettait de suivre la fin d’étape,dit Yvon Madiot, et tout le monde se baladait dans les couloirs, ordi en main, pour choper le meilleur réseau. Nous sommes épatés par Nacer, par Seb Chavanel, par tous les coureurs. Et ici, c’est palpable, tout le monde est dans la même dynamique. Tous les coureurs savent qu’ils peuvent faire confiance à leurs leaders, sprinteurs et grimpeurs, que le cyclisme a changé, que tout est permis de nouveau, qu’une échappée de 180 avec trois minutes d’avance avec la certitude d’être repris dans le final, ce n’est plus nécessaire. C’est l’un des grands effets de ce Tour d’Italie et de ce que font les gars là-bas… »

Allez, champagne - avec modération :) !

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