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Le sourire de Valentin Madouas, les larmes de Jérémy Roy

le 08 oct. 2018 - Paris-Tours, PARIS-TOURS
Depuis sa création considérée comme la classique des sprinteurs, Paris-Tours a changé d’âme en 2018 en proposant un nouveau parcours, mêlant dans le final routes et chemin. La victoire est revenue au Danois Soren Kragh Andersen (Team Sunweb) mais Valentin Madouas auteur d’un nouveau top 5 et Arnaud Démare (14e) ont occupé le devant de la scène tandis que Jérémy Roy a connu une journée émouvante.

 

Au départ, tous les coureurs savaient que le scénario serait cette année très différent même si la bataille promettait de faire rage pour désigner l’échappée. Forcément, la course serait prise de spasmes à l’approche des neuf chemins désignés par l’organisateur à 50 kilomètres de l’arrivée.

 

Il y eut donc bien bagarre dès le départ de Chartres avant que Chavanel (Direct Energie), Eisel (Dimension Data), Guernalec (Fortuneo-Samsic), Le Bon (Vital Concept), Vermeulen (Roubaix-Lille Métropole), Devriendt (Wanty-Groupe Gobert), Dowsett (Katuha-Alpecin), De Bondt (Verandas Willems-Crelan) et Van Goethem (Roompot) filent vers la Tourraine. Avant même le premier chemin, près de château de Valmer, leur tentative était maîtrisée par le peloton scindé par une chute dont a été victime Mickaël Delage.

 

A la sortie du premier échelon, l’équipe Groupama-FDJ a su rétablir la situation et revenir sur le premier groupe d’une trentaine de coureurs. A l’arrière, un grand nombre de crevaisons a établi une sélection importante mais Valentin Madouas et Arnaud Démare restaient au contact pour la victoire.

 

Dans la Côte de Goguenne, à 40 kilomètres de l’arrivée le groupe de tête était composé de Terpstra et Gilbert (Quick Step Floors), Valentin Madouas, Van Marcke (Education First-Drapac), Wallays (Lotto-Soudal), Eenkhoorn (LottoNL-Jumbo) et Soren Kragh Andersen. La jonction avec le groupe d’Arnaud Démare s’est faite à 35 kilomètres du but.

 

Arnaud a été victime des forts pourcentages de la côte de la Rochette et a compris devoir batailler pour un accessit. Au sommet, Cosnefroy (ag2r-La Mondiale) est sorti en contre derrière Soren Kragh Andersen et Terpstra qui avaient pris les devants. Valentin à qui il avait manqué quelques mètres pour l’accompagner est à son tour sorti en contre en compagnie de Naesen et Vanmarcke. De nouveau le jeune Breton de l’équipe Groupama-FDJ marquait les esprits.

 

Les choses en sont restées là, Soren Kragh Andersen s’est imposé en solitaire, Valentin a donc conclu sa première saison professionnelle sur un top 5.

 

« Ce fut une course très difficile, dit-il, avec du vent, des chemins provoquant beaucoup de crevaisons qui ont chamboulé la course, et puis des côtes qui ont fait mal à tout le monde... Mon regret est d’avoir loupé le coup de trois en pensant que ça reviendrait plus tard mais j’ai tout donné, je n’ai pas trop de regrets. Je sais que je dois encore progresser mais ça va venir… »

 

« Ces chemins, dit Marc Madiot, ce n’est pas l’ADN de Paris-Tours mais ce n’est pas mal, sinon qu’il ne faut pas crever. Pour Arnaud, les côtes étaient un peu dures, c’était des murs et puis ceux qui l’accompagnaient lui ont fait des cassures. En revanche, Valentin est vraiment bien. C’est même presque parfait. Le petit bémol, c’est quand Cosnefroy part seul et qu’il hésite mais il est épatant ! »

 

Au cours de cette journée, Jérémy Roy a été très heureux de parcourir les routes de sa région avant de disputer sa dernière course en France dans le Chrono des Nations.

 

« J’ai fini dans un petit groupe attardé, dit-il en souriant, j’ai suivi la fin de course à l’oreillette. Dans le final, j’ai été rattrapé par l’émotion, j’étais fier et heureux d’être sur mes terres. J’ai su en début de semaine que mon équipe me permettrait de disputer Paris-Tours, je ne l’avais pas fait depuis 2010. Sur la ligne d’arrivée, j’ai vu ma femme et mes filles, j’ai encore pleuré. J’y suis préparé mais j’ai versé ma petite larme. Je suis fier de ma carrière, j’ai un maigre palmarès mais j’ai toujours tout donné et j’ai pris beaucoup de plaisir auprès de mes leaders. J’ai essayé de faire ce métier le plus honnêtement possible et je suis heureux que le public s’en soit rendu compte… »

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