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Anthony Roux, enfin !

le 02 juil. 2018
En un kilomètre, celui lui permettant de s’adjuger à Mantes-la-Jolie, le maillot bleu-blanc-rouge de ses rêves, Anthony Roux a oublié toutes ses déceptions, toutes les désillusions d’une carrière qu’il honore de son sérieux. Au terme d’une course fabuleuse de son équipe Groupama-FDJ, il a conquis de toute sa force le titre national. De quoi tirer les larmes de ses patrons…

 

Malgré Alaphilippe !

 

Dans ce dernier kilomètre, après avoir vu Rudy Molard jeter ses derniers souffles d’énergie pour favoriser son sprint, Anthony a été éblouissant. Intenable. Intouchable.

 

Dans le groupe de tête composé de Rudy Molard et lui-même, Anthony Turgis (Cofidis), Latour (ag2r-La Mondiale), Alaphilippe (Quick Step Floors) et Martin (Wanty-Groupe Gobert), une fois passée la flamme rouge, il lui a fallu d’abord revenir sur Alaphilippe qui avait répondu à une attaque de Martin. Dans la foulée, sans avoir le temps de respirer, répondre à celle tranchante de Turgis à 500 mètres du but. Il l’a repris à 250 mètres de la ligne d’arrivée après avoir sorti Alaphilippe de son sillage puis a creusé l’écart pour l’emporter sans discussion.

 

Anthony a mis alors de longues minutes à réaliser, franchissant la ligne d’arrivée en ne cessant de répéter « non, non, non ». Il ne le sait pas, dans le bus de son équipe et en écho à sa propre surprise, les « yes » et les « oui » s’enchaînaient dans un tonnerre de cris.

 

« Je n’y crois pas, disait le nouveau champion de France un peu plus tard. Cela fait tellement d’années que je tourne autour. En fait, je ne m’en sentais plus capable surtout avec des mecs comme Julian Alaphilippe. Aujourd’hui, j’ai fait la course parfaite après avoir tout bien fait depuis le Tour d’Italie. J’avais déjà fait deux podiums dans ce championnat, j’avais été déclassé en 2015. Non, je n’y croyais plus… Surtout aujourd’hui, sur un parcours comme ça qui ne jouait pas en ma faveur. C’est un truc de fou ! »

 

La culture de ce championnat de France dans l'équipe !

 

Ce championnat dont Martial Gayant aime à répéter que son équipe y a toujours un petit truc en plus, un grand supplément d’âme pour bien le nommer, a été marqué par l’équipe Groupama-FDJ qui a signé une performance exceptionnelle. Du départ à la fin.

 

Tout d’abord en plaçant cinq coureurs dans une échappée de 30 hommes, ils étaient quatre dans le groupe de douze qui s’ensuivit. Quatre petits jeunes qui en disent long sur la qualité du réservoir de cette équipe et justifient déjà la création d’une équipe continentale la saison prochaine. Valentin Madouas, Romain Seigle, David Gaudu et Benjamin Thomas ont rendu facile la course de leurs équipiers.

 

« La consigne était de mettre de bons coureurs devant d’entrée de jeu, explique Yvon Madiot, pas de déléguer ceux qui relèvent de pépins physiques ou d’ennuis de santé. Cela nous a permis d’avoir une assise sur la course. Derrière, on a géré en maintenant un tempo élevé de manière à ce que le coup de devant ne s’en aille pas, d’assurer en cas de coup dur. »

 

À 50 kilomètres de l’arrivée, un groupe est sorti en contre et est rapidement revenu sur le groupe de tête, avec l’aide de David Gaudu qui s’était relevé pour faciliter la tâche de Rudy Molard, Arthur Vichot et Anthony Roux accompagnés notamment de Barguil (Fortuneo-Samsic), Le Bon (Vital Concept), Petit (Direct Energie), Jaurégui et Gautier (ag2r-La Mondiale). Jonction faite, Groupama-FDJ tenait bien la course en main.

 

« En étant devant en supériorité numérique, c’était facile, poursuit Yvon Madiot. On a toujours eu les cartes qu’on voulait. Quand Vichot et Roux ont fait le jump, j’y ai cru ! »

 

Le sacrifice décisif de Rudy Molard !

 

Dans l’avant-dernier tour, Rudy Molard a accompagné une tentative lancée par Turgis et Le Bon. Il a remis ça dans le dernier tour tandis que Julian Alaphilippe s’apprêtait à faire l’effort. Dans un effort total, ce dernier est revenu sur le groupe de tête avant de se lancer à la poursuite de Rudy Molard, repris à 5,7 kilomètres de l’arrivée, imité quelques secondes plus tard par Anthony Roux, un peu plus loin par Martin, Turgis et Latour. Rudy s’est alors sacrifié pour son équipier.

 

« J’étais cuit mais j’ai joué le tout pour le tout, raconte Rudy. Anthony tournait autour de ce titre, il démontre qu’il ne faut jamais cesser d’y croire. Ce fut un vrai championnat dans la deuxième partie de course mais l’équipe a bien anticipé. En plaçant les trois puncheurs à l’avant, on avait fait le plus dur. »

 

Il restait toutefois à canaliser la pointe de vitesse de Julian Alaphilippe qui, pourtant, n’a pu lutter pour la victoire.

 

« Les conditions étaient très difficiles, reprend Yvon Madiot. Avec cette chaleur, il était possible de faire un effort violent, pas deux. Alaphilippe a donné l’impression qu’il allait manger tout le monde, qu’il allait déposer Rudy, qu’il allait faire une bouchée de ses rivaux et puis il y a eu ce sprint à la Anthony Roux, les 300 derniers mètres avec une force pas possible. Sa victoire, n’est pas une surprise. Il y a trop longtemps qu’il est déçu le pauvre dans le championnat de France… Là, il a mis les larmes à tout le monde ! »

 

Sur le podium, après avoir revêtu le maillot tricolore, avoir entendu la Marseillaise après l’accolade de son patron Marc Madiot, Anthony restait sur son petit nuage.

 

« J’aime les courses en circuit, qu’il fasse chaud, que cela dure plus de six heures, dit-il. Rudy Molard aurait pu être champion de France mais quand il a été repris, je n’ai pas tout donné, je ne suis pas mis dans le rouge. Je savais que c’était long. Face à Alaphilippe, je ne savais pas ce qu’il adviendrait mais avec un plateau de 56 dents, j’avais fait le bon choix pour le sprint qui a été très long, comme j’aime. On ne devient pas champion de France par hasard, il faut que tout se déroule bien. Je suis heureux, le titre reste à la maison, Marc Madiot a à cœur de voir ces couleurs. Bleu, blanc, rouge, ce sont nos couleurs, c’est la patrie. »

 

L'hommage du champion sortant !

 

En franchissant la ligne d’arrivée, Arnaud Démare a été heureux d’apprendre la victoire de son copain. Et son hommage n’a pas tardé.

 

« Anthony est le coureur à qui manquait ce maillot. Lui ne gagne pas tout le temps mais il est toujours présent. Combien de podium compte-t-il déjà ? Il fait partie des meilleurs Français ! »

 

Avec les victoires dans les championnats nationaux d’Anthony Roux, Antoine Duchesne (Canada), Tobias Ludvigsson (Suède) et Georg Preidler (Autriche), la garde-robe de l’équipe Groupama-FDJ s’est étoffée…

Vos commentaires

Publié le 03 juil. 2018 à 15:28, par charles
L'équipe Groupama-FDJ championne du monde des champions nationaux.......4 titres !!! qui dit mieux ?
Bravo à toute l'équipe pour la course parfaite, et maintenant vive le tour pour nous faire vivre des grands moments .